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Ce soir le ciel éploie au couchant un drap d'or
Comme une plaie ouverte un bel été se fane
Mais ne regrettons rien le glas reste le sort
Pour aimer il faut vivre et l'amour en émane
Laissons la nuit venir, il faut partir un jour
Ainsi le foin doré couchera sur la terre
Sa tige étincelante éclairant à l'entour
les amants exilés affolé du mystère
Dans le beau vase ancien demeure le flambeau
D'un bouquet d'aubépine exhalant l'onde chaude
La vague inépuisée épousant le bateau
La dolente langueur du poète en maraude
Ecoute donc la mer, l'appel des remous blonds
Tous les oiseaux d'automne aux voix rossignolantes
Et la plainte du vent parmi les arbres roux
Pour peindre dans l'instant les couleurs insolentes
Cette heure solennelle aux portes de la nuit
Par maint trésors cachés à nos yeux se révèle
D'invisibles grillons manipulent l'ennui
Est-il temps de faucher l'authentique javelle
Alors que l'horizon saigne comme un oeillet
Quelque chose entre nous palpite de tendresse
Heureux de nous aimés gardons ce don secret
Une indicible paix avec art nous caresse
Notre amour est un livre, un émouvant transport
Le souvenir y dort orchestré par un ange
Quand au bosquet d'avril frappait la flèche d'or
Nos coeurs à lunisson écoutaient la mésange
L'eau vive du désir ruisselait dans nos yeux
En nos lits d'herbe douce, en nos vertes alcôves
Tes mains brûlaient mon sang, d'un fleuve merveilleux
La vague apparaissait serti par mille mauves
Souviens-toi de l'amour et son jeune printemps
La perle du bonheur émanait de nos âmes
Clouons nos souvenirs au refrain de nos chants
Et fleurissons la vie en mêlangeant nos gammes
Rappelle-toi l'odeur qu'avait le frais sous-bois
La douceur insensée à l'ombre des dentelles
Et ce regard troublant des biches aux abois
Des toiles de l'azur gribouillé d'hirondelles
Réchauffons nos vieux corps au soleil du passé
Gardons dans un tiroir sous des pétales rose
Nos rires en cascade et ce destin sacré
Et nos rêves exquis que parfume la rose
N'est-il point de fleurette au ciment des vieux murs?
Et même si la braise a remplacé la flamme
En poursuivant ce rêve en nos salons obscurs
je t'aime plus qu'hier, oh ma divine femme!
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