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Complainte pour une amie défunte

le samedi 14 juillet 2018, à 20:54. Posté par Henri DURTAL


    Complainte pour une amie défunte

    Je voudrais démonter cet escalier mortel
    Qui t’entraînais jadis jusqu’au septième ciel,
    Le livrer à jamais au cœur de la fournaise,
    Qu’il n’en reste plus rien qu’un tas de cendre et braise!

    Ô faux-pas meurtrier, ô fatale glissade
    Qui t’a jetée à terre à ton corps défendant,
    Ce corps soudain surpris et soudain impuissant
    Pour tenter d’enrayer une chute maussade.

    Comment peut-on mourir de si triste façon
    Sans avoir pu émettre la moindre prière
    Dans un escalier droit ou en colimaçon
    Rayant en un instant une vie tout entière?

    Je hais, moi, ce destin qui tue les innocents
    Dans les pays en guerre ou au détour des routes,
    Qui frappe à l’aveuglette et sans discernement,
    Cause les accidents et sème la déroute.

    Je hurle comme un loup dans les fourrés épais,
    Je pleure comme biche ayant perdu son faon,
    Je brame comme un cerf au cœur de la forêt,
    Je pleure comme mère à qui on prend l’enfant.

    Mais à quoi bon pleurer, mais à quoi bon hurler ?
    Le destin suit son pas, ne veut rien écouter.
    A-t-on jamais trouvé plus moqueur que son rire?
    Nul jamais ne pourra nous rendre ton sourire !

    Sur le lit tu reposes
    Bouche et paupières closes
    Tout entourée de roses :
    On est bien peu de chose!

    Tu revivras pourtant,
    Aux yeux du souvenir :
    Ton reste d’avenir
    C’est nos cœurs à présent.


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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
henridurtal le samedi 14 juillet 2018, à 20:58
Cette élégie se réfère à la mort d'une voisine qui s'est fracassé le crâne en tombant accidentellement de son escalier.
Glissade? Malaise? On ne sait.
Je m'absente quinze jours, mais essaierai de vous lire. Bonnes vacances.

La Mouche Nounouche le samedi 14 juillet 2018, à 21:13
Cher Henri mes condoléances pour ta voisine, mais ton texte va bien au-delà d'un récit de faits divers, tant on entend ta colère contre les destinées funestes qui nous échoient parfois. La vie est dure et la mort sans sinécure, s'invitant parfois sans prévenir. Mais la vie continue et ta dernière strophe est un pied de nez à la mort même si tu n'as pas le coeur à rire.
Amitiés et bon voyage Henri. ! Yves

Susan* Coquelicot * le dimanche 15 juillet 2018, à 07:20
Bonjour Henri ,
Un bien triste poème qui comme le souligne notre ami Yves , va bien au delà , dans tes vers j'entends tes cris de colère !
Face à la mort , nous sommes impuissants ...
Aujourd'hui, nous sommes là , mais de quoi sera fait demain !!!
Merci Henri pour ton partage poétique qui m'a émue ...
Toutes mes condoléances Henri !
Essaie de profiter de tes vacances ...
Amitiés.
Susan

liameliavq le vendredi 27 juillet 2018, à 12:14
Un beau cri du cœur et de colère contre la disparition d'un être cher. Ton texte est sensible, émouvant, remuant et m'a touchée profondément.
Nous sommes bien peu de choses assurément....
Je me permets l'audace de te prendre dans mes bras virtuels de compassion pour d'apporter un léger réconfort.
Mes amitiés poétiques.
LN.


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