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Le Silence

le mardi 03 juillet 2018, à 23:07. Posté par Spinal




    Le silence c’est le brouhaha de l’âme, la respiration du corps qui enfin autorise à s’écouter, entendre son essence crier ou se satisfaire.
    Il est aussi un amortisseur, c’est lui qui absorbe le trop plein, qui limite la casse ; qu’une terrible nouvelle vienne nous faire vaciller, ou qu’une colère monstre nous paralyse, il essuie les plâtre ; non sans quelques ironies mal placées qui loin de nous sortir de la paralysie, nous y enferme avec la frustration d’un muet connaissant un secret capital, comme dans nos rêves collectifs, ceux qui nous empêchent de parler de manière suffocante et traitre pris par la surprise du maléfice soudain.
    Le silence n’est pas la mansuétude, il est un lieu de repli froid et ajusté, qui lorsqu’on s’y blotti alors que l’on se gonfle encore d’éléments parasites, ne nous laissera ressortir que quand notre taille sera redevenue fine ; sauf d’en casser les murs et risquer de se trouver difforme et bringuebalante au milieu d’un cirque qui n’attend que son clou du spectacle. Mais à la différence de nos rêves qui nous imposent le silence pour en révéler l’absurdité -ce silence étrangleur qui n’est que paroles et blabla, qui ne parle plus et donc se tait, c’est un silence tut, un silence qui ne réfléchit pas, le silence ne nos jour n’écrase pas notre trachée avec ses doigts pour qu’il n’en sorte qu’un flot d’ineptie à valeur compensatrice, c’est un silence qui laisse parler. Si nous suffoquons du silence diurne ce n’est que de notre fait, nous forçons les portes nous nous faisons mal. Mais en aucun cas nous n’avons poussé un levier qui fera rétrécir les murs. Le silence nous regarde nous ébattre en nous appelant à la sagesse et au renoncement de l’orgueil, de l’égoïsme de tous ce qui nous pousse à croire que nous sommes seuls maitre de nos choix et qu’une réaction instinctive nous gardera de la noirceur d’un instantané.
    Le silence c’est le dompteur de l’instinct, celui là qui nous gorge, qui nous déploie, tel un chien enragé les yeux injectés de sang, nous, la bête la plus sauvage que l’on puisse trouver dans la nature il fallait bien lui trouver une niche, là ou ses aboiement ne se feront plus entendre et ou le reste de la faune pourra continuer à vivre sans peur.
    Le silence c’est pour soi, mais c’est aussi pour les autres.
    Le silence ne suit pas un ordre, un temps, il est universel.
    Il ne s’attachera pas à nous, il ne nous aimera pas, il ne nous aidera pas, nous nous aiderons en lui.
    Il est une forme, il est un pochoir, appelé par un trop d’onde, de matière, un moule qui nous entoure et nous empêche de nous rependre trop en dehors au moins pour un instant, espoir à nous d’avoir prit le temps d’en comprendre la poussée et de retirer le levain de la pâte à temps car quand le silence n’a plus lieu d’être le silence s’en va et nous sommes seuls avec les mots, seuls avec nous, seuls avec eux et seuls avec les silences des nuits, celui d’une vérité tut celui d’une abondance nauséeuse, si sorti du four, l’appareil n’a pas pris ou qu’enfin démoulé on l’a laissé pourrir sur un bout de fenêtre.
    Ne pas tirer d’enseignement n’est pas pire que d’en tirer en vain d’une ouverture vertueuse métamorphosée en vice dans notre antre intime par une suffisance crasse qui écrase la moindre mie qu’il eu été possible de manger.


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