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Le soir suscite en moi le vertige des sens
Dans l'éther vaporeux quand le jour prend la pose
Savourant le berceau des nuages d'encens
Au vent de la tendresse un doux parfum de rose
Traversant la splendeur vient caresser mon cœur
Les doigts bagués d'or pur, une Annamite, belle
Aux cheveux languissants; à la fine pâleur
Enchaîne mon esprit, tant sa beauté m'appelle
Comme un mirage ardent, par la grâce des Cieux
Cet ange du Mékong, divine fiancée
Au pouvoir infaillible, élégante des Dieux
D'un clin d'œil enchanteur, fortune ma pensée
Ainsi son corps ambré de merveilleux rubis,
Ses gestes plus légers qu'une aile de colombe
Attendrissent l'instant de mille colibris;
Le front ensorcelé ma tendresse succombe
Le trouble me pénètre et le charme s'étend
Au miroir de ses yeux l'amour paraît sublime
Son fascinant regard, soleil de l'Orient
Plein de félicité, d'une douceur intime
Minutieusement dessine en son écrin
Le bijou flamboyant chantourné d'hirondelles
C'est sous cet arbre en fleur tel l'amoureux Romain
Que je voudrais mourir, au doux nid des dentelles
Oh! que la mort me prenne au moment du baiser
Quand arrive la vague émouvante à ne croire
Où s'abrite la peur, le plaisir adoré
Retenant les amants aux faîtes de l'histoire
La mer parle au poète en déroulant le temps
Et la nuit enjôleuse étame les mensonges
En propageant l'amour, des sages conquérants
Dans les jardins de l'âme aux calices des songes
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