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Puissances de l’Impur.
…..Les Gouffres énigmatiques de l’Infâme et de l’Immonde qui sont le Mystère de la Chair passible ne quittent ni les Corps ni la Pensée ni l’Histoire. Peut-être en sont-ils les Antres de Naissance, l’Origine, la puissante Réserve d’Ombre créatrice sur quoi peut s’esquisser un Geste, tout aussi énigmatique, un Evénement de Bonté et d’Effort…..
Nous aurons vainement demandé au long des Jours et des Nuits enfiévrés de Questions, comment il pouvait se mêler, en même Lieu, la plus sublime Beauté à la plus désastreuse Incompréhension…..
Que serait un Monde de pure et invariable Minéralité sans la faible Souplesse du Vivant, que serait un Monde de pure Fournaise de Lumière ?…..
J’ai Souvenir d’anciens Chemins de Ronces et de Basalte qui menaient, à travers l’Enchevêtrement des Buissons et des Pierres, à de petits Bassins de Sources fraîches, jaillies du Roc. M’y trempant les Mains et le Visage, je songeais à la Coexistence puissante des Contraires, au peu de Durée de ce petit Espace heureux que les Orages emporteraient et à l’Effacement tragique des Choses tandis que s’estompaient à mon Front l’Enchantement et la Surprise de la Sensation…..
Pour la Vérité de l’Impur, ce seront des Pensées allusives et buissonnières, baroques, bordées d’Ornières et de Silences, des Pensées en Enfance, écloses à peine et pourtant archaïques et dans la Brume encore du Non-Savoir dont elles naîtront, mêlées et frémissantes de Pressentiments, des Pensées de l’Epars et de Dislocation, d’Espaces inhabités, nomades, des Soleils pâles à l’État naissant, des Chemins de Lumières sombres jusqu’au Méconnaissable, des Paroles en manière d’Enigmes, cherchant leur propre Sens à travers l’Insensé de l’Ouvert occulté…..
L’Impur nous a saisis, en Vérité et dans le Corps. Nous n’appartenons pas à Nous-mêmes mais au Mouvement chaotique de la Vie pulsionnante et mortelle, la Vie terreuse, solaire, indifférente. Délivrée du Néant au Néant d’Être pour le Jouir et le Pâtir sans Raison ni Destin, la Chair s’espace et s’entrelace, mondaine, impure, désaccordée. Corps solitaires sans Souvenir de leur Apparition, Corps allant et venant dans les Espaces disloqués du Proche et du Lointain, Corps en Attente et suspendus à la Durée brisée des Existences enluminées de Rire et de Souffrance, d’Or et de Noir mêlés…..
Un Autrefois et un Ailleurs indéterminés, un Avenir opaque, des Hasards incalculables nous auréolent d’Inconnu, nous portent et nous déportent çà et là, nous dépossèdent de Nous-mêmes. Conscience orpheline et nomade. Une Lumière vitreuse, placentaire, semble guider nos Pas et nous égare. Formes hypothétiques des Univers. Connaissance ni Amour ne nous comblent. L’Impur trace des Vérités douteuses. Vaillance et Lassitude se disputent le Coeur tandis que les Années nous enlaidissent et nous ploient à Jamais…..
Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? L’Impur habite déjà toute Question et tout Langage, tous les Commencements. Nous sommes embarqués. Du moins faut-il, peut-être, tenir en Dignité ? Opposer à l’Immonde et l’Infâme et à la Cruauté, Paroles et Gestes salubres et vaillants sans Espérance autre que le difficile Respect en chacun de l’Acte d’Exister ?…..
Et puisqu’il faut tenir coûte que coûte dans l’Aventure et le Voyage étrange d’une Vie, Tenue et Retenue soient la fragile Boussole à travers les Brouillards de l’Impur, le Phare salvateur montrant une quelconque Rade avant d’autres Départs, d’autres Voyages vers l’Inachevé et dans le Désespoir impur de la pure Présence…..
Puissances de l’Impur, notre Habitation dévastée, Mémoire de Soleils pâles et de Fleurs rudérales...
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