|
Un ciel rampant charrie des voiles d’améthyste.
La tempête s’est apaisée ; le vent s’est tu.
Tu marches dans le soir qui tombe mais sais-tu
Que par toi je comprends le monde et que j’existe ?
Car c’est l’époque aux fleurs de genêt et de ciste,
Un printemps de parfums et de couleurs vêtu,
Une saison fragile où l’envol d’un fétu
De paille est le moment que préfère l’artiste.
Moi, j’ai le souvenir d’un ciel terne et banal
Quand je baignais mon âme aux joies des solitudes
Qui, jadis, éclairaient ma vie comme un fanal.
Mais les vestiges de nos douces habitudes
Sont partis dans les eaux qui coulent sous le pont.
Saurai-je encore aimer les plis de ton jupon ?
|