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Quand je reviens chez moi, pour embrasser ma mère
Combien il est troublant de déchiffrer l'accueil
Des instants resurgis du pays de naguère
Un rayon de clarté, m'embrase, dés le seuil
S'éveille tout à coup une ardente pensée
Je m'assieds sur la berge ombrageuse du Doubs
Pour enfin boire l'onde à la source enchantée
Jusqu'au temps de l'enfance à l'âge des yeux doux
J'aime revoir l'asile au moment où flamboie
L'épi d'or de juillet exhalant le bon pain
Mes mains paisiblement redécouvrent la soie
Lorsqu'un tendre frisson pose son vol divin
A l'heure où le couchant émerveille la plaine
Le terroir familier, semble un écrin doré
Toute l'âme du jour, coule comme fontaine
Et murmure en douceur, plein de sérénité
Seul et heureux, j'écoute au soir chanter la terre
Le bruissement des blés, cette musique d'or
Au clavecin du vent, aux cordes du mystère
De ses doigts émouvants caresse messidor
Comme un vieux vin exquis, Bavans tient sa promesse
L'hirondelle d'un trait, tout autour du clocher
Écrit l'hymne à la vie avec délicatesse
Au fil mouvant d'un songe élégamment léger
Je retrouve pareil mon école primaire
L'odeur des vieux cahiers me revient à l'esprit
Au milieu de la cour le tilleul centenaire
Serein, suspend le temps sagement établi
Je me revois enfant malheureux, solitaire
Triste comme un automne aux branches du verger
Le silence profond avait l'art de me plaire
Je courais les sous-bois afin de méditer
Et entendre chanter l'émouvante fauvette
Savourant les parfums, la lyre des ruisseaux
Je sentais sourdre en moi l'écume du poète
Quelques mots frissonnants devenaient mes vaisseaux
Avec ses foins coupés, ses belles moissons blondes
Toujours je me rappelle avec un point au coeur
Les berceaux d'herbe tendre et les combes profondes
Les beaux coquelicots au temps de la blondeur
Je l'aime mon pays, pour ses claires fontaines
Pour ses bois ombrageux paresmés de chemins
Pour la paix de ses champs aux heures souveraines
Pour sa terre féconde et fertile en sapins
J'ai besoin du soleil, des fleurs de mon enfance
Nourrit de souvenirs, de jours étincelants
De jeux et de regards, qu'éclaire la distance
Comme au souffle d'avril, j'y revois mes parents
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