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Fertilité
Posée là sur la dune
Ou puisée là, dune toi-même,
Dont chaque grain m’aime
Mon corps s’abandonne.
Mes mains partout te donnent écoeurante
Tour à tour, brise légère et vagues déferlantes.
Je me laisse emporter en toi, pleine de langueur
Je tressaute à chaque palpitation de ton coeur
Chaque vibration de ton désir m’assaille
La douceur de ton être redessine ma taille.
Qui s’invite en toi pour s’y abreuver.
Tu t’ouvres à moi pour me retrouver.
Tu es attente patiente,
Ecume blanche,
Sombre Manche
Vent capricieux
Nuage des cieux
Tu es l’unique amante.
Les ondes tendus, droites, t’adorent.
Voyage intérieur du désir,
Tout est là dans ce soupir.
Réunification du monde en ce point
Principe de vie qui n’est plus si loin
Je n’ose plus bouger, le silence d’or.
Même la lune retient son souffle
L’explosion du luminaire est proche
Assemblée d’étoiles sous le porche
Chacun a retiré ses lourdes moufles.
Et puis la terre se soulève, s’écarte davantage encore,
Ondule et, du plus profond, éclate ce chant de toujours
Qui emporte avec lui la civilisation et ses atours.
Il n’y a plus qu’à se noyer dans ce parfum nouveau
Il n’est plus question que de vie et de renouveau.
Laissant loin ces carcasses putréfiées de la mort
Les pôles, hier si sûrs et intangibles, sont inversés
La mer atterrit subjuguée par la lumière de ses fossés
Les côtes submergées, de tant de combats sont lassées.
Le vent se durcit et se fait cristal de roche
Quand le deuxième chant nait
Le mur se fait perles,
qui s’envolent porteuses d’amour
fortes des souvenirs,
et s’offrent à ceux qui souffrent.
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