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Hélas, ils sont bien loin les anges du berceau
Il ne me reste rien de ma petite enfance
Plus d'aubades d'antan... l'impétueux ruisseau
S'en va s'abandonner aux ombres du silence
Mon spleen désespéré n'éveille plus d'échos
Cette émouvante voix ce n'est que l'eau qui pleure
Elle sourde en son lit et ressemble aux sanglots
La paix de son vallon pour l'âme n'est qu'un leurre
Il traîne autour de moi, le chagrin des photos
Cependant qu'en fuyant ainsi qu'une hirondelle
L'ineffable printemps à perdu ses flambeaux
Mais couve dans la cendre une intime chandelle
Qui distille en secret de jolis chants d'oiseaux
J'effeuille des bouquets lorsque le temps m'invite
Avec un soin discret au flanc des verts coteaux
Pareil à ce rêveur que la langueur visite
Visages resurgis revenu du passé
Ces prénoms oubliés qui hantent ma mémoire
Enveloppent mon cœur avec fidélité
Ce soir je les revois..., pensée incantatoire
Dans mon esprit sommeille un livre encore ouvert
Et le parfum troublant de l'école primaire
Une vague me vient, son écume m'est cher
Ce linceul éclatant sera-t-il mon suaire?
En poursuivant le temps qui sans cesse nous fuit
De nos jeux innocents, nous recherchons l'asile
Les objets familiers que recouvre la nuit
L'amour de nos parents, que le rêve compile
Il se réveille en nous l'émouvant souvenir
Ainsi que reste-t-il de cette époque rose
Quelques clichés anciens que le temps fait jaunir
Et l'odeur sans pareil de la première rose
Parmi tout les portraits qui éclairent mes jours
Il en est un qui dort à l'abris de mon âme
C'est celui de ma mère en son écrin velours
Il mérite c'est sûr ma plus belle épigramme
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