|

La grande plaine blonde en silence s'endort,
Sur la splendeur des blés recouverte de voiles.
Comme un souffle embrasé dans la lumière d'or
Déjà le firmament annonce ses étoiles
Un tendre élan me porte à tenir fort ta main
Oh! je voudrais ce soir, dire de belles choses
Ton sourire en mon âme à la saveur du vin
Et couve mon esprit d'inaltérables roses
Ton nom brille en mon coeur, à tout jamais captif
Souvent j'ai souhaité de cette heure indomptable
Où même un rossignol peut demeurer pensif
A cet instant rêvé, pour saisir l'impalpable
Avant mon long serment je veux boire en tes yeux
La tendresse et l'amour dans le jour qui décline
Pour voir dans ce miroir se refléter les cieux
En touchant du regard ta candeur enfantine
Epris par ce bonheur, j'évoque notre amour
Sans le moindre soupir la nuit descend sereine
Rien ne semble troubler sa course sans retour
Avec l'accord exquis de la claire fontaine
Il me faut te le dire un plaisir émouvant
Chuchote dans mon for, tendrement me pénètre
Tout comme un vent de fleurs, s'exhale infiniment
Ton merveilleux visage ensoleille mon être
Je mettrai sur ton front le soleil de mes vers
L'éblouissant linceul de la colombe blanche
Nous goûterons le miel avide de nos chairs
Et le zéphir léger sur l'onde qui se penche
Je cueillerai pour toi les rêves libertins
Tout l'émerveillement des chevelures blondes
Mon pays restera la courbe de tes reins
Et nos jours deviendrons des caresses fécondes
|