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Le vent berçait les blés, nous étions seuls au monde
Le jour en s'en allant jetait des perles d'or
Déposant sur la plaine une lumière blonde
Prés de toi j'étais bien, guidé par notre accord
Délaissant le chemin pour l'auguste pénombre
Parmi l'herbe des prés nous marchions en rêvant
Tout étonné de voir au loin descendre l'ombre
Et je pouvais sentir le désir palpitant
De ta main dans ma main, prélude à la tendresse;
Attentif à tes yeux, insoumis et charmeur
Heureux je m'enivrais en buvant ta promesse
Laissant poindre à tes cils l'image du bonheur
Tes yeux mutins et doux me disaient tant de choses
Qu'il neigeait dans mon cœur des pétales tout blanc
Des trésors infinis, parfumés par les roses
Evoquant la splendeur du Versailles d'antan
A l'appel enflammé de ta bouche torride
Répondait mon sourire et d'étranges tourments
J'esquissais un baiser d'une façon timide
En murmurant tout bas quelques mots émouvants
Quelques frissons de vers à la couleur exquise
Tu ne pouvais savoir combien mon for t'aimait
Ni même imaginer ma petite marquise
Que rien qu'en écoutant ton langage parfait
Je sentais sourdre en moi la musique des anges
Le soupir du ruisseau caressant les galets
Où l'aubade inspirée aux divines mésanges
Que reprennent les choeurs au sein de nos forêts
Et j'admirais ton front, ta chevelure ombreuse
Telle une chatelaine aux pages du printemps
Au moindre mouvement ta robe vaporeuse
Dansait parmi les fleurs, les souffles flamboyants
Je n'aurais rien changé pour toute une fortune
Dans le jour tamisé par tes gestes exquis
Quand la brise en douceur se faisait opportune
Les yeux dans ta dentelle ainsi j'étais conquis
En touchant du regard ta silhouette sombre
Rythmer par tout ton corps, tandis que la pâleur
Refletait dans tes yeux, les étoiles sans nombre
De toute ta beauté, j'étais l'ambassadeur
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