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J’ai rêvé bien souvent ces îles endormies
Sous les frissons du vent, ce songe caressant,
Quand les brouillards soumis mouraient en ennemis
Et que venaient si tard leurs sanglots oppressants.
Comme un trophée chagrin, j’embarquerai un jour,
A bord d’un fier trois mats aux voiles alourdies,
Exaltant mon regard, de souverains contours,
Brumes océanes pour sourdes mélodies.
Aphrodite et Zéphyr que l’île a vu naître,
Dans tes eaux bleutées, les dieux sont bienveillants.
Ô, Cythère apaisée, sauras-tu paraître,
De ton filial orgueil, au jour compatissant.
Qui conduira mes pas vers ces sentiers joyeux,
Où murmurent les fées, au pied des cieux ravis,
Fouler les vieux marbres aux rythmes obséquieux,
Pour le prix d’un secret, d’une pudique envie ?
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