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Si je penche mon front, sur ce qui est écrit
Au livre de mes jours, c'est la voix de ma mère
M'appelant... que j'entends alors toujours s'ensuit
Une larme émouvante à la candeur si chère
Qu'un rayon de soleil, en passant par mes yeux
Illumine mon âme où le chemin commence
Je distingue des fleurs sur les talus soyeux
Tout un peuple d'oiseaux caresse le silence
Et les arbres feuillus deviennent l'océan
Alors sans le vouloir au détour d'une page
Je retrouve les bois où je rêvais enfant
Marchant à pas de loup sous le charmant ombrage
Au milieu des taillis brodés de pourpre et d'or
Parmi les vieux rochers où le ruisseau palpite
J'habite l'éternel que la douceur endort
Les sous-bois ténébreux que le cours d'eau visite
Au-dessus du miroir, je vois mourir le jour
L'écho des derniers chants que porte la lumière
Et jusqu'au fond de moi, je sens battre l'amour
Tout égal au sanglot de l'heure buissonnière
Quand l'âme évanescente à la mer se confond
Que les eaux du passé en vagues incessantes
Ravivent la tendresse autant que l'aquilon
Ainsi les souvenirs sont des lames grisantes
L'émouvante douceur de nos chers disparus
Vient bercer nos soirs purs, quand la lune soupire
Une étoile parfois sur nos rêves perdus
Allume une bougie aussi douce qu'un rire
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