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Les timides sentinelles (repost)

le mercredi 24 janvier 2018, à 07:56. Posté par Philip de Berg


    (ce poème a été écrit et posté pour la première fois début 2012)

    Dans les cœurs des faubourgs où se presse la ville,
    Tout chavirés de froid et de tristes augures,
    Sont des sentinelles, timides indociles,
    Aux regards cauteleux comme des bouffissures.

    Ces milords endormis, aux cœurs si transparents,
    Regardent au loin passer, les belles, au loin, transies,
    Tandis que s’aventurent, dans leurs fourreaux d’argent,
    Les fiacres monotones, aux parures ternies,

    Ces menuets odieux, au rythme du pavé,
    Sont des ballets sans vie, oh ! A peine ébauchés.
    Aux viles meurtrissures, mon âme est écornée,
    Et se traîne sans fin, mon cœur est piétiné.

    Sur les quais endormis, de blafardes coroles,
    Quand, au brouillard venu, distillent les langueurs,
    De ces sombres fantômes ou de ces ombres folles
    Qui, las de leur trépas, reflètent ma candeur.

    Passent les sentinelles vouées à leurs calices,
    Leurs timbales d’argent, tamarins veloutés,
    Elles n’ont dans leur chagrin, que ruses corruptrices,
    Je n’ai pas d’autres rives à vous faire traverser.

    Si vous les rencontrez au bord d’un précipice,
    Prêtes à se pardonner leurs futiles envols,
    Songez que j’ai donné, cantates délatrices,
    Un peu de mon espoir qui, au loin, caracole.

    (....ce poème décrit une ambiance fin XIXème siècle, du temps de Verlaine et Baudelaire)

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
Nisti le mercredi 24 janvier 2018, à 14:06
Salut !

Ca fait un bout de temps que je ne suis pas venu, non ? Si...

J'ai beaucoup aimé. Vraiment. La description de cette ville à cette époque (Paris je suppose), le regards de ces sentinelles transparentes qui observent les gens passer... Sentinelles que je soupçonne être les SDF, non ? C'est ce qui m'apparaît en tout cas.

A la prochaine, Philip' !

Rêveuse le mercredi 24 janvier 2018, à 15:15
Philip,

Ta plume sait nous transporter d'un seul coup ....d'un seul vers un autre univers!
je lis dans ton poème si prenant, le Paris d'autrefois ...et aussi ces sentinelles, d'hier et d'aujourd'hui ....celles et ceux qui ne participent pas "à la fête ".... la tristesse m'a saisie mais ce n'est pas un reproche, c'est juste la force émotionnelle de tes vers, en ce jour où les soucis m'assaillent
c'est juste très beau et très bien écrit!
bonne journée avec mes amitiés cher poète!

taia le mercredi 24 janvier 2018, à 17:25
Tableau vivant, imagination riche, élégance, comme dans un tableau de Gustave Caillebotte et toi comme spectateur, c'est transcendant. Bonne soirée. Taia

poete47 le jeudi 25 janvier 2018, à 01:41
une jolie toile du passer devant notre dame de paris que j'ai visité en 2009 e suis de Bruxelles et un joli poème que j'ai aimer lire
mes amitiés jean claude

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 25 janvier 2018, à 07:51
Pour POETE47 :
Bonjour, Jean-Claude. Merci d'être passé me lire et d'avoir aimé ce poème qui revisite un peu les temps anciens. Mais Notre-Dame de Paris n'a pas changé.
Pour ma part, je visite régulièrement, au moins 3 fois par an, Bruxelles, une ville que j'adore....qui a ses endroits magiques et secrets comme Paris peut en avoir (et pas seulement la Grand Place et le Manneken Piss). Amitiés et à bientôt Jean-Claude. Philip

Pour NISTI :
Hello, Nisti. Ca fait plaisir de te revoir (et très occupé je n'avais pas vu que tu avais posté des poèmes depuis janvier et un dernier hier. Je vais aller voir ça !).
Oui, pour mon poème, si c'est un peu le Paris de la fin du sècle (le XX°) que j'évoque, c'est aussi le Paris d'aujourd'hui, carte postale d'un côté

Pour REVEUSE :
Bonjour Rêveuse. Ah tant mieux si je transporte "ailleurs" les ami(e)s dans d'autres lieux et d'autres temps.
C'est ma passion pour la littérature et l'histoire qui m'a fait m'imprégner des temps révolus, et la passion des voyages pour décrire d’autres horizons.
Ah, l’émotion que tu évoques ! Il est vrai qu’une partie de ma poésie est empreinte de tableaux un peu tristes. Mais en fait, c’est je pense, mon regard porté sur la société humaine et ses douloureux tableaux sur lesquels il ne faut jamais fermer les yeux.
Belle journée à toi. Amitiés. Philip.

Pour TAIA :
Bonjour Taia, merci pour ton compliment.
Permets-moi de te dire, puisque tu parles d’élégance, de te dire que tes commentaires sont….élégants !
J’aime l’élégance dans l’écriture et parfois, avec bonheur j’y réussi dans certains de mes poèmes. Transcendant ? Euh…je ne crois pas, cependant.
Caillebotte, j’adore. J’ai eu l’occasion de voir une très grande et riche exposition de ce peintre, il y a un an et demie au musée d’Art Moderne de Washington ! Merveilleux.
Amitiés et très belle journée, Taia. Philip.

mariepaule le jeudi 25 janvier 2018, à 13:03
Coucou Philip

Je vais dire la même chose que tout le monde Philip
C'est écrivain que tu aurais dû être, mais pas J

Bisous
Om
Marie

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 25 janvier 2018, à 13:46
Pour MARIE-PAULE :
Ah la la, Marie.....arrêtez tous de dire des bêtises. Oui, je sais que quand je m'en donne la peine, j'écris pas trop mal, mais un vrai écrivain, tels que je les lis, c'est la barre vraiment au-dessus.
Une discipline exigeante, quoiqu'on en pense. Ou alors l'éclair de génie. Ce qui n'est pas mon cas.
Mais, bon, ton compliment me fait bien plaisir. Bisous. Philip.

Micheline 1940 le jeudi 25 janvier 2018, à 21:04
Cher Philip,
J'ai eu bien du mal à me brancher sur Internet de toute la journée ! J'en suis éreintée d'agacement.... Et je vous retrouve heureusement avec bonheur, sur un repost dont je ne soupçonnais pas l'existence, puisqu'à cette époque je n'étais pas encore sur le Site qui ne vit mon inscription qu'au 31 Janvier 2014. J'ai aimé ce texte, qui me parait décrire, pour partie, la vie de femmes légères louant leurs services au genre dit du masculin...
" Ces menuets odieux, au rythme du pavé,
Sont des ballets sans vie, oh ! A peine ébauchés. " .....
Une belle description que Baudelaire aurait pu s'approprier sans autre forme de procès !
J'adore cette atmosphère du Paris du XIXème, aux pavés humides et luisants de la nuit, aux lumières tremblotantes des fiacres, aux habits des dames en panier peu commode pour s'asseoir... Toute une époque mon cher !
Ce bond en arrière me complut assurément, et je vous en dois bien des mercis sincères et amicaux !
Bien à vous, cher Philip !
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 26 janvier 2018, à 12:42
Bonjour, chère Micheline.
Ah, il y a plusieurs interprétations à mes sentinelles.
En fait, dans le cadre de ces années révolues du XIXème siècle, en filigrane de ce qui fut mon inspiration (je ne l'ai plus vraiment en tête), il y avait sans doute les Misérables de ce génie littéraire de Victor Hugo....
Alors mes personnages sont tout simplement, je pense.....des misérables (miséreux, sans logis, femmes de "petite vertu"...
Oui, j'aime bien donner des atmosphères à certains de mes poèmes.
Il y en a quelques uns qui se situent dans le Paris d'autrefois.
Avec toute mon amitié, Micheline. Philip.

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