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Alors que se dispute un peuple de moineaux
Au déclin du couchant, sous la rousse vesprée
Un frisson angélique effleure les roseaux
Déroule sa langueur sur mon âme attristée
C'est le moment du jour où rentrent les grands bœufs
J'entends mourir au loin le bourdon d'une église
Et son appel se meurt sur les vallons herbeux
Le vent suspens son cours à cette heure indécise
Le soir presque à regret prélude le déclin
Entre mes doigts noueux longtemps tremble une plume
Escaladant les bois un voile sibyllin
Comme un tableau divin dépose son écume
Sur les pentes en fleurs le jour vient défaillir
Et je me sens saisi par un mal bien étrange
Sous le couvert ombreux je peux me recueillir
Au pied du chêne antique un souvenir mélange
Au fond de ma mémoire, une école, un prénom
M'évoque le passé que nomme le colchique
Avant le mois des foins, celui de fenaison
Deux enfants amoureux sagement romantique
Ecoutent un rossignol caresser le drap d'or
Et sa voix de cristal à travers la feuillée
Les riches frondaisons pour l'âme est un trésor
Alors pour deux gamins c'est l'onde ensoleillée
L'aubépine connaît l'authentique secret
Et ma lointaine enfance est le témoin fidèle
De ma première idylle, au coeur d'une forêt
Ainsi le mois de mai toujours me la rappelle
Juste devant mes yeux un riche bréviaire
Dénoue avec tendresse en intégralité
Le ruban du bonheur comme un vieux reliquaire
Sur un arbre à Bavans cet amour est gravé
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