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De fil en aiguille.
Seul, dans son petit atelier, à sa porte dos tourné,
Penché sur son travail, concentré à enfiler l'aiguille,
Il retouche un imperméable, sur la table déposé,
Sa machine à coudre au repos pour la journée sera tranquille.
J'entre, le rejoint, pas un mot, je regarde ses doigts habiles,
Un point et un autre, se suivent, se surfilent,
Ses yeux entre-fermés montrent qu'ils sont fatigués,
Paire de ciseau rangée, le travail est terminé.
Ô papa, tu me donnais l'impression,
De tenter de recoudre nos coeurs de chiffon,
De rapiécer les sentiments de molleton,
De racommoder votre amour par du galon.
Une autre bobine attrapée, pour une veste,
Et à nouveau tu enfiles cette aiguille du châs qui se dresse,
Autant de patience que d'adresse,
Les points en file se suivent en toute finesse.
De fil en aiguille, les points se dessinent,
En rien ne suturent, tes blessures, tes déchirures,
Moi près de toi, ces mots je te sussure:
"De fil en aiguille, de fil de soie, tu as brodé ma vie,
De fil en aiguille, de coton, tu as confectionné mon coeur."
Lesmotsbleus le 19/01/2018.
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