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La petite marchande d'allumette (conte)

le vendredi 01 décembre 2017, à 09:08. Posté par Philip de Berg (auteur : Andersen)


    Des amis du site viennent de poster des poèmes émouvant, en cette période de fêtes qui commencent, sur ceux qui n'ont rien d'autre que la faim et le froid pour compagnons.

    Je reposte ce conte d'Andersen bien connu.
    Pour ne pas oublier la misère, fardée de froid, tapie dans l'ombre, dehors, juste à nos portes.

    "Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. ( …)
    Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.
    Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
    Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. (…)
    L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.
    Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.
    L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.
    «Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis (…)
    Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet (…) Sa bonne grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
    Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.
    - Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent quelques larmes sur l'enfant. "

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Rêveuse le vendredi 01 décembre 2017, à 09:32
Un immense MERCI Philip de nous offrir cet émouvant conte qui me met à nouveau, comme autrefois les larmes aux yeux....
Une vision qui malheureusement s'approche de plus en plus de la réalité de notre monde misérable!
avec mon amitié, bonne journée Philip

joey de provence le vendredi 01 décembre 2017, à 15:50
coucou Philip idem pour moi j'ai les larmes aux yeux et oui les gens peuvent passer et repasser pffff peu importe qui est là , qui a froid , qui aurait besoin d'un peu de chaleur les gens s'en foute ,, domage ce monde cruel ! amitiés Joey !(le prochain poème je veux rire je te préviens !!)

domidom le vendredi 01 décembre 2017, à 17:15
Trop long, trop tard, j'y reviendrai lundi...
Gros bisous, Domie

taia le vendredi 01 décembre 2017, à 17:47
Bonsoir, Philip.
J'ai beaucoup pleuré pour cette malheureuse fillette, j'en ai fait autant pour Cosette. Certes, les enfants d'aujourd'hui sont différents, mais voilà: la roue de la vie tourne, et de petits malheureux il y en a au monde! Vous avez valorisé bien votre grande sensibilité. Une idée: pourquoi ne pas raconter en vers les histoires, pour sensibiliser encore, comme autrefois, les âmes des petits, leur insuffler la solidarité, sans leur faire peur ou horreur? Utopie? Quand même. J'ai lu avec plaisir. J'apprends beaucoup. Parmi mes poésies écrites en roumain, j'ai quelques exemples de contes versifiés... J'adore, c'est plus facile. Bonne soirée près de la cheminée, si vous en avez une... À bientôt. taya

marie le vendredi 01 décembre 2017, à 20:48
Coucou Philip

Je m'en souviens et pourtant je l'ai relu et toujous cette tristesse
Le monde est mal fait
Certains sont trop riches et d'autres pauvres

Une belle lecture

Bisous Philip
Om
Marie

Susan (Coquelicot ) le dimanche 03 décembre 2017, à 06:13
Lorsque j’étais enfant j’adorais les contes d'Andersen mais surtout cette histoire, j’ai toujours ce livre de contes qui était un prix que j’avais reçu en fin d’année scolaire …
Cette petite marchande d’allumettes, de nos jours, nous ramène à une bien triste réalité, tant d’enfants souffrent encore de ce froid et de la famine …
Merci Philip pour ce joli conte, qui nous fait réfléchir, combien de gens aujourd’hui sont dehors par ce froid glacial …
Hier une personne est morte de froid dans le sud de la France … !
Bon dimanche. Bisous. Susan


Philip (Jardin de Lune) le lundi 04 décembre 2017, à 07:16
Pour REVEUSE :
Oui, hélas, Rêveuse. Alors que le froid arrive à Paris, hier soir les infos télévisées montrait un mère et sa jeune enfant, pas plus âgée que l'on peut imaginer la petite marchande d'allumettes, s'être vu refuséeune place pour un nuit en foyer d'hénergement.
On lui a juste donné une couverture, et avec l'enfant elle dormira dehors. A Paris. Au XXIème siècle !
Amitiés. Philip

Pour JOEY :
Bonjour Joey. No comment ! Nous pensons tous la même chose sur ces tristes réalités de notre monde d'aujourd'hui. :(
Oui, promis, le prochain poème sera joyeux ! Amitiés. Philip.

Pour DOMIE :
Prends ton temps, Domie. De toute façon, ce n'est pas bien gai. Bisous. Philip.

Pour TAIA :
Merci d'être passé, chère Taia.
Il est de nombreux contes, bien tristes et émouvants. La vie, la poésie, la littératures ne peuvent être faits, bien sûr, que de contes de fées.
Amitiés. Philip.

Pour MARIE :
J'ai remis ce conte bien connu, Marie, car le froid arrive et des ami(e)s du site ont commencé, en poésie, à parler des ces problèmes hélas devenus trop banals de misère, de faim, de froid et de solitude. Bisous. Philip.

Pour SUSAN :
Oui, Susan, sous la douloureuse beauté de l'écriture de ce genre de contes, il faut se dire que, maintenant, chaque jour, quand l'hiver arrive, à la misère s'ajoute le froid et parfois....la mort.
La poésie n'est surtout pas inutile quand elle peut sensibiliser les gens à ces drames humains qui ne devraient plus exister de nos jours.
Comme dit la chanson des Restos du Coeur : "aujourd'hui, on n'a plus le droit, ni d'avoir faim, ni d'avoir froid".
Bisous, Philip.


lilo le jeudi 14 décembre 2017, à 21:50
une bonne idée..
je relis comme les autres avec plaisir ce conte si triste mais si beau de Andersen..
le froid revient..mais la solidarité et la générosité aussi, et même si cela ne permet pas d'éviter toutes les tragédies cela réchauffe le cœur..bises

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