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La valse du ministrable
Dans un flot de tu et de soi,
Prétendants pâles, silencieux,
Ils tournent, et le parquet ploie,
Et vers le lustre qui flamboie
S'égarent demi-clos leurs yeux.
Comme les vieux rochers de Bretagne,
Où la houle s'engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même ânonnement que toujours accompagne
L’effet du rien qui fait beaucoup de bruit.
La valse molle cache en elle
Un languissant aveu de retour.
L'âme du chef glisse en levant son aile :
C'est comme une fuite éternelle,
C'est comme un éternel retour.
Il pense aux vieilles politiques de cocagne,
Où la houle s'engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoiement que toujours accompagne
Les mêmes mots petits et gros, le même bruit.
Le jeune homme n’est que jeunesse,
Et l’impétrant se dit : " Si jamais ? "
Et ses oreilles entendent sans cesse
La douce et fuyante promesse
D'un portefeuille qui ne viendra jamais.
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