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Je n'ai d'autre désir que celui de te plaire
Entre les tas de foin en plein cœur du Morvan,
Parmi les blés coupés, près d'une source claire
Je t'aimerai toujours je t'en fait le serment,
Mon âme volera dans la lumière heureuse
En l'écrin velouté de ton joli regard,
Mes doigts caresseront ta ligne savoureuse
Pour me sentir plus près de ton charme Lombard;
Je couvrirai ton corps de pétales de roses
De branches d'aubépine et de vibrants discours
De rubans de satin, de langoureuses proses
Et puis pour chaque nuit de soie et de velours
Nos jours s'écouleront en des châteaux d'Espagne
Que seul avril connaît sous les rameaux pendants,
Couronné par le miel unique de campagne
Avec pour confident tous les oiseaux des champs,
Longtemps nos cœurs noués, sublimés de tendresse
Couleront sur les dais ourlés de boutons d'or,
Sous l'élan de nos bras renaitra la jeunesse,
La vague des moissons le temps de messidor,
Notre amour s'inscrira dans l'or des bois sauvages,
Au travers des buissons, sous la neige de mai
Et survivra encore aux cendres de mes pages
En ces lieux clairs et doux des soirs de juillet;
Si je pars avant toi par un matin d'automne,
Que se couche mon corps à l'ombre d'une croix
Vient me voir au printemps dépose une anémone
Et brode à ton présent le soleil d'autrefois,
Garde enclos dans ton cœur mon goût de l'innocence,
Chaque vers ciselé au berceau de tes reins,
Couvre-moi de baisers, efface la distance
Et coud ce cher poème aux ailes des moulins.
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