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LES CHERIS
Ce sont des orphelins
Qui cherch’nt un peu de grain
Un peu d’amour aussi,
Les chéris !
On n’en voit presque plus
Qui tirent la charrue,
Ils sont rares à Paris,
Les chéris !
Ils sont spécialisés
Tout comme les ouvriers,
Il y a le charbonnier
Et puis le glacier .
Quelquefois à Longchamp
Y’en a qu’ont du beau temps,
Mais ça dur’ pas besef,
Jésus, Marie, Joseph !
Ce sont des traîn’-l’amour
Dans la mémoir’ des cours,
J’entends pleurer la nuit,
Les chéris !
J’en vois des tout fringants
Dans leurs sabots tout blancs,
Qui font henni-henni,
Les chéris !
On ne meurt qu’une fois,
Tout comme vous et moi,
Les chéris, quelquefois,
Reviennent de là-bas
Pour tirer par les pieds
Ceux qui les ont mangés,
Le boucher le sait bien
Qui n’ s’endort qu’au matin .
Ce sont des grands diablass’
Qui s’en vont faire des cass’s
Au milieu des prairies,
Les chéris !
Ils ont l’ goût du malheur
Et guignent le tracteur
Avec des yeux d’envie,
Les chéris !
Ils rêvent à la pampa,
Des pampas, y’en a pas,
S’il faut croire à tout ça,
Où est-ce qu’on ira !
Mais quand il se fait tard,
Le soir à Vaugirard,
Y’a des chevaux qui crient
« Je vous salue Marie ! »
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