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Demain, dès mon éviction...
Demain, à l'heure du licenciement,
Je partirai. Personne ne m'attend.
J'irai sans un mot, j'irai, s’il le faut,
Je ne puis me faire prendre en défaut.
Je fixerai les yeux sur ce lieu tant désiré,
Sans voir, sans entendre le bruit des vies cassées
Seul, méconnu, l’échine courbée, le cœur serré,
Teigneux, et ce jour pour moi sera le plus sacré.
Je ne regarderai ni les minces indemnités qui tombent,
Ni les étoiles au loin prêtes pour illuminer ma tombe
Et quand je serai chômeur, je partirai sans pleurs
Pour rejoindre le camp huppé des vulgaires erreurs.
Dans cette Creuse indomptable et rebelle
La vie devient de moins en moins belle
Les Renault, Peugeot et GM’S nous ont ruinés
Et nous les gens de la Sout’ on ne va pas l’oublier.
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