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Pérégrination en Impromptu : ( essai )

le lundi 14 août 2017, à 08:13. Posté par plumedefou


    J’ai franchi au petit matin, sous un claveau brumeux, la Bruche. Agilement, j’ai atteint et apprécié un petit maquis que jouxtaient quelques alliers faisant remparts à la voie ferrée, qui de son allure sinueuse allait son bonhomme de chemin. De là, suivant à travers les fourres sauvages, un chemin solitaire, où nulle trace humaine, pas même un animal, s’offrit à mes yeux. Je distance quelques reines des prés aux têtes perlées, bien haute sur leur tige, puis des ajoncs droits comme mille épées, quelques herbes folles qui s’envolent vers la lumière. Leurs pieds s’introduisent en racines profondes et leurs doigts se renversent en pétales délicats, se mouvant comme feuillée de tremble.

    Cependant, je n’ignore pas que les herbes dites mauvaises sont véhiculées par les duvets des oiseaux, ou bien dorment pendant des siècles au fond de cavités ignorées qui toujours vont de l’avant et s’acheminent par le biais d’un mystère ! Échevelé dans le vent, ensemencé sur la peau de la terre, elles transfèrent en plus coutumiers tous les chemins du monde. Elles s’attachent à la terre nourricière par mille lianes qui se contraignent et se tiennent comme mille crochets du gaillet et de la garance. Ces herbes aux symétries de visage multiples et ordonnées ont la fécondité des graines envolées, leur autonomie est dans le vent, sinon l’ouvrage est dans le sol. Parfois, la sobriété, la patience, le silence, et l’illustration de leur galbe coloré sont plus pur que toute la gloire du roi Salomon ! Au détour d’un bosquet je rencontre des chamerions augustifolium aux fleur magenta. Elles devaient s’être égarées ici, bien qu’à vol d’oiseau les sylvains ne fussent pas très loin.

    Se trouvaient là aussi, des lamiers blancs et des gaillets grateron-galium aparine (gaillets aparine / Gaillet accrochant) aux corolles rondes et leurs feuilles disposées en verticillés terminées de courtes soies aux poils crochus. Voyez-vous donc, j’y trouve plus courantes des astéracées, il fait aussi son apparition dans la prairie une variété de circe vulgaire. Il est côtoyé aussi par le séneçon de Jacob. Le Séneçon de Jacob ? Un joli nom qui angoisse les propriétaires de chevaux. Car cette jolie petite plante vivace à fleurs jaunes, présente dans les prés et au bord des routes, tue les équidés. Mais ici, un lieu retiré, les chevaux ne viennent pas.

    Variété à floraison abondante et très ornementale dans ce coin retiré et solitaire. Le Séneçon de Jacob attire les papillons et autres insectes se nourrissant de son nectar et de nombreux oiseaux aiment manger ses graines duveteuses. Vous dites herbes mauvaises ? Non point, mais herbes décoratives, pleines de secrets pour la pharmacopée. Nous pouvons les extraire de leurs discrètes alvéoles, de leurs confidentiels corps, à Dame Nature ! Nous devrions nous incliner devant elles en signe de respect et de profonde reconnaissance pour être ce qu’elles sont. Avoir tous ces pouvoirs circulant en leur corps jusqu’à la moindre parcelle de leur organisme si simple et complexe à la fois. En ajoutant à tout ceci, une beauté sans pareille !

    Ainsi, ce sol ingrat est partout désireux près de talus des herbes folles, puis se plantent là des taillis modestes qui autrefois devaient être à profusion. Là également sourd une source intarissable d’une eau cristalline. Elle serpente menue à travers la végétation qui la boit avidement. S’y plaît aussi à croître le chapeau du diable au pas de cheval. Cette zone de suintement humide l’accepte, et là aussi des visiteuses diablotines affleurent. Mais j’y vois aussi comme semés par la main de l’homme, des agrostis stolonifères. Cette plante herbacée sert de fourrage aux bovins.

    En quelques endroits la rosée du matin leur a laissé quelques gouttes que le soleil s’empressera d’évaporer. Je découvre alors après quelques arpents de temps passé sur les premières frontières, un espace serein, qu’un soleil mi-auréolé l’inonde de ses rais timides. Quelques arachnides ont tissé un bel ouvrage, digne de ces mécènes d’élégance, de goût et de sensibilité. Quelle bienfaitrice sans pareil, il y a beaucoup à attendre des araignées, ô oui, si aucun point commun ne semble rapprocher l’homme de l’arachnide, et bien cet "arthropode chélicerate" est extraordinaire, elle permet l’élimination d’une tonne d’insectes par an et par hectare. Elle participe à son échelle, au maintien d’un équilibre indispensable entre les espèces en limitant leur action, la prolifération de nombreux autres qui deviendraient à leur tour des nuisibles.

    Par conséquent, les araignées sont de formidables prédateurs nocturnes, la sagesse populaire de la campagne ne dit-elle pas : "Des araignées dans une maison font maison saine» En cette aurore, l’air d’une pureté étonnante me vivifie, réveille en moi un je ne sais quoi d’insondable, comme si devait perdurer, au-delà des âges, le mystère d’un espace sidéral. Peut-être y avait-il eu autrefois un événement devant s’inscrire à travers les siècles, attendant la délivrance d’un chevalier au cœur pur ?

    Cette atmosphère m’enveloppait parfois, et à d’autres moments, tourbillonnait au-dessus, autour et en dessous de moi. Impression étrange, elle désirait m’emporter vers une distance cosmique et me faire connaître l’inintelligible. Je me laisse gagner par une aboulie qui ne cessait de grandir jusqu’à atteindre les confins de mon esprit ! Je n’étais plus moi-même, tout en étant clairvoyant de ce qui m’advenait cela ne m’effrayait aucunement.

    C’était à la fois rêve et réalité, je ne saurais déterminer où était la frontière de ce potron-minet, tellement j’étais gagné par cette ambiance inexpliquée. Que devais-je faire ? Était-ce maléfique que cet instant ? Contre les enchantements de Cyrcé, Ulysse brandit la racine noire du Moly… Durant des siècles de cueillette, l’absinthe des talus et les simples campagnes ont rendu à nos grands-mères le suc de la plante. Celle-ci entré comme remède dans le sang des hommes eu tous les bienfaits, que nos aïeules avaient reçu des dieux ! Herbes cultivées, sauvages herbes minces, herbes fines, les hautes, les longues herbes, les herbes folles, herbes dures, herbes fraîches, herbes fanées, sèches, desséchées, herbes parasites, inutiles, herbes aromatiques, odorantes, odoriférantes, vénéneuses, herbes à fleurs, herbes aquatiques, fluviales, marécageuses, herbes exotiques, les herbes des champs, des prés, des prairies, herbes de la ravine, la pointe, la tige des herbes, chercher, cueillir des herbes. Voilà en tous ces mots, que l’homme a choisi, le panel classificateur.

    Ô ! Herbes, je devrais vous saluer en déesses. Les hommes ne vous pendaient-ils pas comme prémices, aux branches des arbres dès nos origines ? Puis comme je butais sur un monticule de terre implanté là par dame taupe la réalité reprit son cours normal, Phébus, luit en ciel sans nuage, il publie enfin l’empyrée et chatoie de vermeil, se faufilant à travers les taillis il sème l’or du Walhalla… Un martin pêcheur ne dissimule plus aux regards ses raies chatoyantes de l’espace. L’atmosphère s’est dévêtue de la brume évanescente de son visage, redonnant peu à peu la chaleur de son corps éblouissant. Le vert ombrage donne son coloris de jeunesse, ses ramures assemblées forment voûte verdoyante sur fond d’azur. Elles subtilisent à la voussure un coin de ciel bleu, mais donne à la gent ailée un abri d’où monte les mélodies d’une Bergeronnette des Ruisseaux, ou un chant formé d’une suite tranquille de notes très aiguës d’un Gobe-mouche gris. Tandis que le martinet noir, il trisse aux cieux dans son vol rapide !

    Je suis loin de chez moi, j’ai comme oublié la demeure de mes aïeux, mon escapade se poursuit dans le voyage de rêve où je me suis perdu. Pourtant mon village aux toits de tuiles rouges que ses maisons ont levées aux bords des rues et ruelles, il n’est qu’à une demi-lieu d’ici. Je vois sur la côte de Fréconrupt la route qui serpente, tel un long reptile au corps gris asphalte et dont la chair peu à peu se met à vibrer sous l’effet d’Hélios. Il longe de petites estives émeraude avec par-ci par-là des pans de roches et de ronciers qui l’été venant donneront leurs fruits au goût doux et délicieux. À quelques mètres au-dessus, veille comme une déesse, l’idole catholique est vénérée depuis les tout premier siècle de la vie de la chrétienté. Les développements cultuels et doctrinaux vont se combiner en lieu et place de Marie dans la vie syncrétique du pratiquant.
    Ce culte est une hyperdulie selon la définition qu’en a donné le Concile de Trente. Un culte supérieur ou un simple culte rendu aux "saints" et aux anges. Par contre ce que l’homme en a fait est-ce Dieu qui le demande ? La question reste posée ! Israël fut le peuple mis à part par l’Élohim Jéhovah et bien vite il se détacha de son culte pur pour s’attacher aux Astartés et autres dieux du pays des Cananéens. La déité aux temps des Baals, les Baalims étaient des dieux locaux associés aux destinées des citées et des bourgades. Chaque ville avait son sanctuaire dédié à son Baal particulier qui se distinguait des autres par un titre spécial comme : Baal Zébub, Baal Péor, etc. !De plus, il se doublait ordinairement d’une déesse ou Baalat. Chose assez curieuse, c’était sur les hauts lieux et dans les bosquets que les Baalims avaient leur culte ! Une éternelle relance ! Ô ! Humains, jusqu’à quand violerez-vous le bon sens de l’intelligence et de la sagesse ?

    Bref, les remous des belles eaux de la Bruche, me ramènent à l’endroit, elle est là, quelques mètres nous séparent et je me sens proche d’elle. Son cours d’eau, impétueux à l’automne et à la fonte des neiges, est plutôt calme plat l’été. Il se faufile entre roches et berges, mettant par-ci par-là, quelques trous d’eau pour que faune vive et s’ébatte. La "vanne rouge" n’est pas loin, c’est à l’été que les enfants viendront s’y baigner. Ce n’est pas une onde limpide que l’on y trouve, non, mais suffisamment propre pour s’y baigner. Le canal de l’usine est également proche, il jouxte la rivière puis s’en éloigne pour alimenter l’atelier de teinte des étoffes. Il en ressortira pour venir se déverser à nouveau dans ma Bruche, emportant avec lui quelques particules des couleurs utilisées dans la journée.

    La teinte dominante étant le rouge, en ce qui concerne la vanne de régulation, son fond sablonneux se coloriait des corpuscules qui s’y déposaient. Le soleil couchant venait chatoyer la surface des eaux, suggérant une perception visuelle colorée de rouge. Les employés de l’usine de tissage ne vivaient qu’au travers de l’existence de leur outil de travail. Ils sont tous à la merci de celui qui, à la fin du 18 ème siècle se montre le sauveur de la région. Cependant on ne pouvait jurer que par lui, logé à moindres frais par l’entreprise, loyer à moindres frais certes mais payés à l’entreprise. Il n’y avait pas de syndicat pour défendre le minimum requis d’un labeur plus que fastidieux.

    Il n’y avait pas de cantine, on mangeait sur le lieu de travail et douze à quatorze heures de présence dans l’entreprise, été comme hiver ! Heureusement que les années 1950 ont été prospères et le niveau de vie acceptable, mais celles qui suivirent furent douloureuses… Bruche ma rivière, me conteras-tu dans le silence du jour, la fatigue des gens leurs espoirs et déceptions ? Me diras-tu ce que sont devenu les années folles et celles qui suivirent ?

    Celles des horreurs du Struthof et du camp de Schirmeck ? Dévoileras-tu les horreurs des hommes commises au Nom des Libertés ? Non, tais-toi ! La jeunesse d’aujourd’hui oublie bien trop vite les épouvantes de nos vieux et vielles gens de la contrée.

    Laisse-moi savourer ce jour dès son petit matin, ne m’enlève plus les merveilles que je viens de découvrir ! Laisse-moi à mes rêveries où je puis de mes mains saisir l’irréalité du moment sans en déchirer ce qui est palpable. Laisse-moi célébrer cet autre inconnu et inviolé, parcelle faisant muraille à la civilisation montante. Système de choses pervers où l’enfant n’est plus éduqué, mais dressé pour des objectifs individuels égoïstes. Oui, libérez-moi de votre emprise, pour m’en aller en cette parcelle, cet Éden que vous ne connaissez pas. Ses abords verdoyants aux senteurs d’herbes fraîches et sèches tout à la fois. La rivière sautant sur les rochers et ondulante parmi les branchages morts retenus dans quelques anses, merveilleuses cachettes aux poissons abondants !

    Laissez-moi regagner ma rivière aux abords gazonneux, où ses ondes en son cours jouent le murmure des naïades et son flot donne un breuvage pareil aux fontaines naturelles des montagnes. Je les salue ces eaux valant autant que celles des lacs et des étangs poissonneux. Elles ont tous les présents en offrandes à celui qui connaît l’endroit secret où passe le chuchotement du vent faisant bruisser les feuilles des arbres et tinter les monnaies de pape aux feuilles tomenteuses.

    Je l’ai recherchée, mais en vain. Cependant n'est-ce pas mieux de la rêver ? Près de la vanne, son sable si doux que d’y marcher dessus vous oblige à rêver de ces songes où l’on est surélevé dans les airs comme une ouate cotonneuse. Sa couleur rose me rappelle les grès des Vosges du nord où leur silhouettes émergent des vertes forêts et produisant nos paysages, brodant l’identité, cette estampille très visible des monuments, cathédrale, gares, maisons, mairies, églises, murets et fontaines, voir même des statuaires ainsi que du dallages, des ponts et même des auges en tous genres. Tout ceci partage cette parenté d’être fait de ce même matériau ferme et rugueux, témoin d’une époque où chaque commune ou presque avait sa carrière.

    Bien souvent ne sont visible que les soubassements, chaînages d’angle, encadrements de portes et fenêtres, les linteaux, tout ceci conférant un cachet presque cossu aux moindres granges. On peut y voir les si caractéristiques inscriptions religieuses ou le nom du bâtisseur ainsi que les riches décors des linteaux en grès des fermes vosgiennes. Néanmoins il se rit du gel car cette pierre possède une forte inertie thermique s’adaptant très bien aux hivers rigoureux. C’est ici le lieu, ce coin, où le sable ne commande point les flots de l’affluent pour consommer son mouvement rapide et contraindre à le renouer.
    Sables amoncelés en fines couches faisant comme un tapis de douceurs, véritable invite aux poissons de passage. Ô ! Bruche ne contient pas ton cours, et n’ai d’alarme à ce que l’on ôte ton nom respectable de rivière. Combien de fois, n’as-tu pensée que ton cours c’était tari ?

    Combien de fois t’es-tu étonnée du retour de tes eaux après un été sans pareil et semblable à ceux d’autre fois ? L’herbe des paludes, pareille à celle de l’eau croupie et stagnante des marécages, ne borde pas tes rives. En outre, tes ondes changeantes, des fontes neigeuses, n‘abandonnent pas sur tes lais une bourbe impure. Ô, non ! Les pieds qui te rejoignent ne se baignent jamais avant d’avoir effleuré tes ondes, comme voulant caresser quelques vibrations imperceptibles.

    Oui, voilà bien l’endroit connu de moi seul, vous ne verrez pas d’inconvénient que je veuille le préserver des prédateurs d’aujourd’hui. Ces promoteurs avides de dividendes, défigurant les horizons par leurs bétons, déchirant les ciels bleus par leurs architectures nauséeuses, froides et impersonnelles ! Allez maintenant, je n’ai que dédain pour ces richesses apparentes et trompeuses du modernisme et des modes disparaissantes au moindre goût contrarié d’une lubie exagérée…

    Je contemple les activités de la nature et non les préciosités des dissipateurs, leur simulacre de faste d’une démente indigence qui rit de sa ruine imminente. Elle ne retiendra pas l’empreinte fidèle des pas qui l’on foulée. Mes regards s’introduisent à travers ta surface limpide et mon ouï dans tes verbiages non inutiles, tu n’as rien caché, ô ma rivière !

    Ainsi que l’air vivifiant s’étale à ciel entrouvert à toutes les intentions, l’intelligence de tes liquoreuses clartés aux vents engourdis ne trouble point les visions dans l’espace bleuté et serein. C’est là dans tes flots que j’aperçois et découvre, chez toi ma rivière tes retraites singulières. Quand ton rythme coule pacifique, tu me laisse remarquer la variété de tes fonds où tes sujets mouvants provoquent des reflets azuréens. Quelques nappes sablées se rident du temps écoulé et se plantent d’innombrables verdures marines pour l’agrément du cheptel aquatique. Par-ci, par-là, quelques roches affleurent où se cachent parmi dans les herbes qui se mirent en tes eaux miroitantes. Oui ainsi, sous le calme courant de la riante Bruche, l’herbe nuancée fait entrevoir son sol jonchée en son association.

    La vallée de la Bruche, ma vallée aux vives, ma rivière, coule sur soixante dix-huit kilomètres jusqu’au confluent de l’Ill peu avant Strasbourg. Elle devient de plus en plus forestière en raison de la déprise agricole, les résineux reviennent en plantations denses sur les pentes raides, les feuillus dans les vallons. Les chaumes à l’herbe feutrée servent de pâturages de juin à l’automne. Souvent enneigés, ils sont colorés au printemps par la floraison d’espèces résistant à des conditions climatiques assez rudes.
    Il se trouve qu’elle est riche en insectes aquatiques avec ses bluetidés, ses rhithrogenas et ses ephemerellas ainsi que ses ignitas. Toutefois, aussi ses trichoptères et ses plécoptères, car autour d’elle se présente une succession de radiers, plats, courants, typiques des cours d’eau du piémont. Plusieurs affluents se rattachent à la Bruche en des parcours de pêche intéressant, comme le Framont, la Climontaine, la Chirgoutte…

    Cependant en mon coin, ce lieu de tranquillité, en ce havre de paix, mon œil droit faiblit à devoir aller vers ce lointain, par ce miroir il ne me laisse voir que quelques blanchailles. Alors qu’ailleurs il y vient des poissons, glissant et se jouant des rais du soleil sur la feuillée des ramures.

    La truite arc-en-ciel à chair rose introduite en dix-huit cent quatre-vingts en Europe et originaire de Russie sous le nom de "mikigha" et la variété "jaune", la truite aquabonita, ou bien la truite à dos étoilé de gouttes de pourpre, elles se cachent toutes parmi les roches immergées, voulant ainsi tromper prédateurs et braconniers.

    Mais il ne m’est pas permis de décrire leurs obliques circuits et le nombre se suivant en remontant la rivière, un dieu me l’interdit, ce dieu qui acquit en partage le non moindre des lots, l’empire du monde aquatique et la surveillance du trident des espaces marins.

    Ô ! Naïades qui résidez sur les bords de ma Bruche, montrez-moi ces groupes portant écailles et décrivez-moi ces unités qui nagent dans le sein transparent de ma rivière parfois azuré !

    plumedefou



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