|
Tel un vaisseau voguant sur le flot calme et clair,
Un roc trônait au bord de la côte sauvage,
Venu des profondeurs de la Terre et sans âge.
Là, tu prenais ta pose en contemplant la mer.
Moi, j’observais, rêveur, libre comme un drapeau,
Dans un soupir marin, ta chevelure blonde,
Telle qu’à tes pieds fins l’algue ondule dans l’onde,
Jaloux de la caresse où frémissait ta peau.
Notre amour n’est-il pas semblable à ce récif,
Façonné par les ans et par la lithosphère,
Refondu, transformé comme, au carbonifère,
Ce sédiment que plisse un souffle convulsif ?
Et ton regard brillait de feux inattendus,
Pareils à ceux que crée la force tellurique,
Lorsque sous la falaise aux couleurs de la brique,
Montait l’appel puissant de nos muscles tendus !
|