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Laissez-le s'en aller, c'est un rêveur qui passe
Larmes, vous avez chu dans l'aube au sillon des chemins
C'est une âme angélique ouverte sur l'espace
Vous pleurez de mes tristes yeux, vous tombez de mes mains
Notre serment sacré part d'une âme immortelle
Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Où l'Espoir vainement mire ses astres d'or
Comme une vieille cité déclinante et seule
En un vaste écho, la grande âme inquiète
De qui les clochers sont de moroses aïeules
De la mort et du temps entreprend la conquête
Et sur le vide immense tu as conquis l'univers
Ce fruit d'automne aux saveurs souveraines
Tu brillais de ses feux, l'insensible matière
Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines
A ces doux tableaux mon âme indifférente
Frappé au flanc par un douloureux mystère
Contemple la terre comme une ombre errante
Il répandait son sang pour féconder la terre
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