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Je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve
Malheureux, plus je vais, et plus elle s'élève
Passant diurne au regard hagard et solitaire
Un grand bal solennel tournant dans ce mystère
C'est toi que j'entends dans le désert et dans les nuages
Le zéphyr m'apporte ta voix et l'onde réfléchit ton image
Des cataractes pesantes comme des rideaux de cristal
Se suspendaient, éblouissantes, à des murailles de métal
Des esclaves du vice elle ferre les fers
Et parsème de fleurs le chemin des Enfers
La vieille volupté de rêver à ma mort
Survient et s'impose sans effort
Dors, Justicier futur, dompteur des anciens crimes
Dans l'attente et l'orgueil de tes faits magnanimes
Ecoute aussi la voix de mon humble raison
Qui contemple ta gloire et murmure ton nom
Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort
Où l'Espoir vainement mire ses astres d'or
Tu n'es plus mais tu vas vivre encore
Voilà la nuit finie à l'éveil de l'aurore
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