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À l’ombre du pont vert
J’errais sur les chemins d’un village dormant.
Alors que ça et là s’éveillaient les tulipes,
Les craintes de la nuit que les matins dissipent
Transportaient avec eux le parfum du moment.
J’errais sur ces sentiers sans y songer pourtant.
L’air était doux et frais, la brise était timide,
Le tapis d’herbe verte était encore humide
Car hésitaient encor les rayons du printemps.
J’errais sans me presser, et sans aller bien loin.
En longeant un ruisseau tourmenté par la brise,
Je l’entendais gémir comme un vent qui se brise
Sur la coque du pont vert que j’avais rejoint.
J’allais seule et sans but dans le matin discret;
Dans chacun de mes pas, je cherchais l’équilibre
Qui rend le cœur léger et l’âme un peu plus libre
Mais le souffle du Jour restait sourd et muet.
C’était au mois de mai, j’allais en musardant,
L’esprit enténébré par un mur de silence
Et le cœur englouti dans un puits d’espérance
En foulant les cailloux voisinant le chiendent.
Quand la brise a frôlé le cuivre des clochettes
Accrochées au dormant du portique de bois,
C’était comme un flûteau qui transportait la voix
Du ciel et qui sortait pour moi de sa cachette.
Le cœur en harmonie avec le matin clair,
J’ai arrêté le temps pour écouter l’aubade,
Ce tintement léger durant ma promenade
M’a transpercée d’un coup aussi vif que l’éclair.
(Ville de l’Assomption, Québec mai 2017)
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