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Elle aime, et n'aime plus, et puis elle aime encore
Sois l'astre de ma muse, et préside à mes vers
Cent fois elle brûla mon cœur du feu qui me dévore
Comme toi, mon sujet embrasse l'univers
Tu n'es plus mais tu vas vivre encore
En un vaste écho, la grande âme inquiète
Voilà la nuit finie à l'éveil de l'aurore
De la mort et du temps entreprend la conquête
Toi qui de la nature enfanta l'harmonie
Toi, le monde encore ignore ton vrai nom
O soleil ! c'est toi seul qu'implore mon génie
Esprit mystérieux, mortel, ange ou démon
Pendant mon sommeil, si ta main de mes jours déliait la trame
Elle est si douce cette pensée
J'irais m'éveiller dans ton sein céleste moitié de mon âme
D'une belle vision commencée
Vous croyez en l'amour dont l'âpre feu vous presse
Qu'il arme contre moi ses languissantes mains
Mais la fleur que vous brisez soupire avec ivresse
Des traits qu'il destinait au reste des humains
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