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LE CHANT DU CYGNE
XXXIX
LA JOUTE
Deux Princes prétendaient au même et beau royaume.
Chacun d’eux voulait être un maître et roi régnant.
Différent à régler, comme eut dit Sieur Guillaume,
Et qu’une simple joute en ferait leur content.
Des hérauts envoyés par les villes connues,
En campagne et province et tous autres comtés,
Alertaient nobliaux, manants, bonnes gens sues,
Comme aux Rois prévenus en pays éloignés.
Par monts comme par vaux s’encourut la nouvelle,
Surprenant bien du monde et, chacun, entre soi,
Se disait qu’un malheur pouvait laisser séquelle
À l’un des beaux Seigneurs, tous deux enfants de Roi.
Préparer le défi ne fut pas simple affaire !
Sabler la grande place et construire gradins,
Pour que par tous l’assaut se visse, et, tant qu’à faire,
Ceci comme cela s’entreprit à grand train.
Caparaçonner les chevaux, comme les Princes,
Procédait d’un souci fort en protection.
Les heaumes garantir, afin que tu ne vinsses,
Malheur, porter ombre à la joute en question.
L'élan prodigieux et le choc titanesque
Firent tomber les deux jeunes Princes occis !
La mort des jumeaux fut, pour tous, un mal dantesque !
Et le vieux Roi perdit l'âme et cœur sans mercis !
M.A.B.M.
Cannes le 13 Mai 2017
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Droits Réservés.
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