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J'aurais aimé ma douce à l'âge des lumières
Au temps des reines, rois, du romantique amour,
Faire de toi l'infante aux divines paupières,
Ma dame du levant plus belle que le jour,
Sous le second empire à l'ombre d'une alcôve
Je t'aurais attendu le cœur recouvert d'or;
Une couronne au front, sublime en robe mauve
Oh! tu serais venue éclairant mon décor
A l'image d'un rêve élégante et jolie
Pareil au scintillement de tes cils d'Orient
Mêlant à ton parfum, le charme et l'harmonie
Ainsi que la blancheur de ta bouche riant,
A l'heure d'aujourd'hui ta beauté me pénètre
Et qu'importe les temps je t'aime infiniment,
Je ne peux m'empêcher quand l'aube vient de naître
De dévorer ton corps profitant du présent
Je sens poindre l'émoi d'une telle tendresse
Qu'une ample volupté sur mon cœur refleuri,
Que donc puis-je espérer d'autre que toi princesse,
Les yeux à peine ouverts savamment attendri,
Quand ton âme toujours en liesse inassouvie
Inonde mon regard d'une charme inapaisé,
Je voudrais posséder les secrets de la vie
Pour t'offrir le bonheur et l'immortalité
L'innocence des fleurs, mais rien que pour toi-même
Ainsi que l'allégro des anges, des oiseaux
La gloire du printemps pour te dire "je t'aime"
Et le frisson léger que verse les ruisseaux;
J'adore de tes yeux le duo d'hirondelles,
Les ombreux boutons d'or que sont tes pulpeux seins,
Le frou-frou doucereux de tes blanches dentelles
Divinisant ta peau d'un bouquet de jasmins;
Désir inavouable à cette heure suprême
Garde moi cœur ardant, illumine mon front,
Par la plaine aux blés d'or soit mon plus beau poème
Et quand couve l'amour, mon unique horizon.
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