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Douceur champêtre

le lundi 15 mai 2017, à 19:30. Posté par plumeflore


    Ainsi le soir s'attarde avant le crépuscule
    Dans la lumière d'or l'église se revêt
    D'un céleste manteau que l'astre manipule
    En ce jour chaud de juin chaque arbre est un bouquet

    Assis sous les tilleuls dans la pénombre verte
    Quelques vieux du pays profitent de l'instant
    Pour parler du labeur d'une façon inerte
    Le trouble dans les yeux, ils relatent en rêvant

    Les grands travaux d'antan, aux jours de leur jeunesse
    Comparable au parfum se prolongeant dans l'air
    A l'heure où l'angélus, d'une immense tendresse
    Achève de mourir comme une vague en mer

    Dans les lilas en fleurs deux, trois moineaux murmurent
    A travers le feuillage un lied impertinent
    Tandis qu'un doux frisson recouvre la nature
    Dans la magnificence où trempe le couchant

    Il demeure en ce coin un peu de mon enfance
    Qui se consume en moi d'une intime douceur
    Et reste pour mon cœur l'image de la France
    Dans ce décor gazé qui plait tant au rêveur

    Pour qu'au premier regard en notre âme s'éveille
    L'orgueil d'un terroir infiniment aimer
    Sentir le vrai bonheur juste dressant l'oreille
    Quand bruisse gentiment les fastes de l'été

    Il est parfois des jours d'une folle allégresse
    Qui nous fait posséder les merveilles du jour
    Pendant l'auguste mois l'archange nous caresse
    Et pose sur nos front l'impérissable amour



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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Pierre le mardi 16 mai 2017, à 12:52
C'est aussi cette Merveilleuse France
que j'aime, cher Marc ! Vos vers
magnifiques la décrive si bien ! Ce sont les Années d'Or des Compagnons de la Chanson que
je revis en vous lisant ! Amitiés

Micheline 1940 le mercredi 17 mai 2017, à 03:42
Bonsoir bucolique Poète !
Combien vous savez, avec maestria doublée d'adoration, parler de notre France aux splendides terroirs ! À vous lire il me semble que, de toutes vos forces, et sans désemparer, vous retenez fermement avec mille tendresses, un passé qui s'enfuit à un grand train d'enfer ! Tout semble fait aujourd'hui pour amoindrir nos plus belles valeurs, ravager nos sublimes paysages, comme aussi transformer notre beau langage, oublier notre culture latine... Et pourtant, un Poète tel que vous, nous ramène aux émotions de la belle écriture, et pour cela, soyez-en mille fois remercié ! Mille fois merci pour ce merveilleux texte, cher Marc, dont la profondeur sourd à chacun de vos vers !
Trouvez ici, cher ami, mes plus vifs compliments.
Bien amicalement,
Micheline.

Marcel, alias plumedefou le mardi 23 mai 2017, à 23:10
Bonsoir Marc,

L'onguent de bon marché n'est pas mon fort...

Je ne tombe pas en pamoison, mais alors c'est formidable ces vers !

Voilà qui me rend nostalgique :
Pour parler du labeur d'une façon inerte
Le trouble dans les yeux, ils relatent en rêvant
A l'heure où l'angélus, d'une immense tendresse
Achève de mourir comme une vague en mer
Il demeure en ce coin un peu de mon enfance.
Qui se consume en moi d'une intime douceur

C'est troublant ces consonances divines,
Que j'irai bien à la rapine !

plumedefou

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