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Quand la moisson ondule en une nappe d'or
A l'heure où sous chaque aile un ramage s'endort
Que le poète rêve à la nymphe cachée
Qu'un souffle incandescent rayonne en la pensée
Emu, par le spectacle il m'arrive souvent
De venir admirer les muses du couchant
L'appel du loriot sous l'abondant feuillage
Etend son angélus sur le doux paysage
J'aime venir, tout seul sous les chênes m'asseoir
A cette heure indécise où s'enflamme le soir
J'admire longuement à travers la campagne
Les derniers feux du jour que chaque ombre accompagne
Je rêve en écoutant la source dans le bois
Il me revient au cœur les parfums d'autrefois
Cette voix du passé, plainte mélancolique
Fait vibrer sur les fleurs sa lointaine musique
Vesper file de l'or avant de s'endormir
Fiance terre et ciel dans le même saphir
Alors une douceur me parle d'elle encore
Ce bijou d'Orient, cette âme que j'adore
Si je ferme les yeux un voile sur mon front
D'un baiser merveilleux caresse ma raison
Dans ce coin verdoyant où rêve mon silence
J'invoque le bonheur d'avoir autant de chance
Puisqu'elle aime ma plume et tout pareil mes chants
Puisqu'un songe doré me lie à son printemps
J'ai vécu le frisson aux replis de sa robe
Son visage divin que mon regard englobe
En un livre charmant, m'enveloppe le cœur
Entre l'eau du torrent et le velours de fleur
Le véritable amour a besoin de mystère
De moments émouvants, d'ombres, d'un sanctuaire
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