|
LE CHANT DU CYGNE
XXXIV
SOUHAITS
Comme il me serait doux, comme il me serait tendre
De vous voir m’approcher et poser à mes pieds,
Un bouquet de bleuets tout fraîchement coupés !
Et comme une Madone il me faudrait entendre
Vos prières et vœux qui se font, las, attendre !
Toujours attendre ! encor ! lorsque je meurs d’attendre
Dans cet Univers gris, sans relief et sans bruit,
Où rien ne fleurit plus, où je ne trouve fruit,
Où nul oiseau ne chante en ces lieux…Que comprendre
À ce pays venteux, tortueux ? Que défendre ?
Ce désert qui m’entoure ? et dont je dois dépendre ?
Si je trouve de l’eau, saumâtre en est le goût !
Si je cueille racine, elle est âpre ! Et surtout,
Lorsque le vent chaud est porteur de sable et cendre,
Je me sens en Enfer sans pourtant y descendre !
Comme il me serait doux alors, et combien tendre
De vous voir m’approcher et poser sur mon cœur
Un bouquet de bleuets qui ferait mon bonheur !
Et comme la Madone, en cet instant, prétendre
À vos aveux très doux, céans, sans me méprendre !
M.A.B.M.
Cannes le 30 Avril 2017
Page 35
Droits Réservés.
|