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J'ai peur qu'un tel amour comme aujourd'hui finisse
J'ai peur de perdre un jour le goût de tes baisers
La soif de ton plaisir, le miel de ton calice
J'ai peur de toi, de moi, des soirs envenimés,
Ainsi que du silence, aux carreaux de la chambre
Du feuillage trompeur, du zéphyr automnal
De la triste langueur que déverse novembre
Au spectacle ennuyeux de l'hiver infernal
Notre sainte tendresse est-elle âme immortelle
Saura-t-elle survivre aux caprices du temps
Quelque chose en nos cœurs palpite comme une aile
C'est le cri des beaux jours, le frisson du printemps
Il est là le bonheur à nous de le défendre
De le nourrir sans fin de l'aube jusque soir
D'alimenté la flamme et sans se laisser prendre
Par l'heure quotidienne ombrageant le bougeoir
Alors rêvons pour que se prolonge l'idylle
Gardons pour ciel de lit nos regards amoureux
Des vers pour nos serments sans langage futile
Pour mieux se souvenir des livres lumineux
Et dérouler le fil de la douceur exquise
Comme le vent au soir s'acoquine des fleurs
Dans les sous-bois ombreux que le soleil irise
Refusons les regrets qui ne soit pas des chœurs
Il suffit de si peu pour que l'être s'embrase
Une main, un sourire, un souffle parfumé
Une robe légère, une source qui jase
Aux travers d'un vallon bucolique, ombragé
Ne jamais s'endormir sans faire une caresse
Toute la vie est là j'en mesure le poids
Pour son autre soit même il faut de la finesse
Que ce torrent d'or pur arrive de nos doigts
Alors posons nos sens dans la même clairière
Dans le charme infini de nos duos fiévreux
Dans les draps pourpre et or de la sainte lumière
Avec pour rossignol nos soupirs vaporeux
Que le conflit, le mal objet de la tristesse
Ne triomphe jamais plus longtemps qu'un instant
Qu'importe si demain s'approche la faiblesse
Gardons toujours au cœur ce amour en suspend
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