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Comme se fane au vase un bouquet de bleuets

le mardi 04 avril 2017, à 10:18. Posté par plumeflore


    Alors que le sainfoin fleurit encor la terre
    Et se gorge d'eau vive aux rebords des sillons
    S'enivrant de soupirs sur le val solitaire
    Que le soleil étend son dais sur les moissons

    Il est bien loin le temps bénit des granges pleines
    Du bruit lourd des sabots et des cloches d'airains
    Des moissonneurs suants jusqu'au soir sur les plaines
    Vivant avec amour du travail de leurs mains

    L'odeur des foins coupés a quitté le village
    Les chars ne passent plus sur les chemins poudreux
    Ainsi tout un pays vient de tourner la page
    Midi sonne au clocher d'un glas la fin des jeux

    Reviendra-t-il le temps du grain et de la paille
    Quand le semeur auguste épandait le trésor
    Du labeur quotidien nourrissant la marmaille
    Ce tableau de Millet teinté d'ombre et d'or

    Caressait les regards d'une scène adorée
    De ces jours consumés à récolté le pain
    A suivre son destin sous la verte vesprée
    Dans ces temples du soir sagement souverain

    Autrefois l'on vivait en totale harmonie
    Avec dame nature, heureux parmi les vents
    Au rythme des saisons immuable et suivie
    Et combien dépendant, de l'orage, du temps

    Saluant chaque aurore avec pudeur et force
    D'un solfège ingénu concurrencent l'oiseau
    Eperdument heureux de graver sur l'écorce
    Un amoureux prénom brillant comme flambeau

    Les reflets des vieux jours caressant la mémoire
    Cacher sous le miroir aux sources des forêts
    Sont-ils mort à jamais en devenant l'histoire
    Comme se fane au vase un bouquet de bleuets

    Se peut-il que juillet ne soit plus une fête
    Offrant à nos désirs de savoureux amours
    Est-ce la fin du vrai, le déclin du poète
    Des songes suspendus aux branches de velours

    La vertu s'apprenait au cœur de chaque Bible
    Quand la chair ignorant les troubles du plaisir
    Cherchait dans la nature un bonheur indicible
    De ces instants lascifs coulait le repentir

    De ces jours disparus ils nous reste une image
    Un beau fleuve ondoyant émouvant de frissons
    Un souffle vaporeux courbant le paysage
    Crépitant au soleil sous l'archet des grillons

    Le vent du souvenir agite en vain les hommes
    Insensible aux aïeux le monde est immoral
    Ses serpents convulsifs empoisonnent les pommes
    Voici venir déjà l'aquilon automnal


    https://youtu.be/APdBLHLisTQ





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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Ivydall/ worrell02 le mercredi 05 avril 2017, à 00:00
Bonsoir Marc,
Tout passe, hélas. Mais les mots du poète vivront toujours et encore !
Merci de ce bouquet de vers.
Amitiés

Micheline 1940 le mercredi 05 avril 2017, à 04:11
Bonsoir Marc !
Vous nous offrez, ici, des avalanches de frissons et d'émotions qui assaillent nos âmes du regret de ce que furent nos fructueuses et magnifiques campagnes, désertées aujourd'hui et mal aimées, où le paysan ne peut absolument plus en vivre, comme il le devrait, de son cheptel comme de sa culture... Un vrai désastre ! un réel chagrin ! Vous donnez à vos vers ( qui honorent de façon si poétique, les bucoliques paysages de votre enfance, un relief doux à l’œil, le mûrissement des blés dorés, le bruit du bétail aux sabots résonnants, le murmure du fleuve en ses berges verdoyantes et odorantes ) un avant goût du Paradis ! Je ne puis que vous remercier, cher Poète, pour cet éternel et munificent chant d'amour !
Avec mes plus vifs compliments, et des rêves plein la tête, je vous écris ma bonne amitié !
Micheline.

domidom le mercredi 05 avril 2017, à 15:45
Bonjour Marc, le talent est toujours présent au bout de ta plume, te lire est toujours un agréable moment de poésie...
Bises, Domie

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