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Un jour en songe, j'ai vu une dame ;
Était-ce un rêve ou bien réalité ?
Je ne saurais dire, voilà le drame !
Toujours est-il que j'ai cherché, effaré...
En ma mémoire de vagues souvenirs,
Tout était flou... Je l'appelais mais en vain.
A la tourterelle allaient mes soupirs,
Aussi au compagnon rusé et malin.
Cette belle, l'avez-vous donc aperçue,
Vers quelle chimère avance son pas léger ?
L'oiseau m'a dit à l'oreille avoir vu
Une inconnue marchant dans les champs de blé,
Le renard m'a dit : « Je l'ai vu moi aussi
Mais près de la fontaine des Lys, penchée
Sur la margelle, y buvant l'eau de la vie,
En se mirant dans le cristal, médusée ! »
Dis-moi gentil goupil, comment est-elle,
Ses cheveux sont-ils d'or et sa peau dorée ?
« Elle a disparue parmi les ravenelles,
Ses sandales, de son périple, étaient râpées »
- Bel oiseau, l'as-tu revue ? Mon cœur défaille ! » -
« Elle dormait, paisible, lasse du voyage...
Dans sa bouche, là, fichée, une paille,
Le soleil moirait ses cheveux du bel âge »
Parle-moi d'elle encore, je suis en émoi...
« Demande-le plutôt au colimaçon » ;
'' Que nenni, moi, pourquoi ? Suis-je le roi ?
Je ne le ferai en aucune façon !''
Au secours, regardez, mes yeux se mouillent !
De ce fait, qui de moi aura donc pitié ?
Je suis frappé, et mes membres se rouillent...
N'y aura-t-il personne pour me délier ?
« Dis-moi, - dit le singe tout en grimaçant, -
En quoi puis-je me mettre à ton service ? »
'' Enlève-moi ce voile obscure, ce carcan,
Ce sera tâche aisée, toi rempli de malice !''
« Excuse-moi, je ne puis, étant primaire. »
'' Vantard, incapable, tu m'as donc trompé ?''
Que je suis malheureux ! Je ne puis me taire,
Mon infortune sera à la criée !
Ohé ! Braves gens, prenez-moi en peine,
Donnez-moi des nouvelles de mon futur bien,
Réchauffez mon cœur, rendez-moi ma reine...
« Pourquoi tout ce tumulte pour trois fois rien ? »
‘‘ Trois fois rien ? Vous me la bayez belle, maraud !
Il s'agit là de ma vie, de mon bonheur,
Elle est tout : mon phare, mon navire sur les flots...
C'est voyez-vous, celle qui fait battre mon cœur’’
- Que comprenez-vous à cela jeune homme,
C'est ici affaire, non d'enfant, mais de grand... -
J'entends, mais suis-je haut comme trois pommes ?
Comme Roland, je puis sonner de l'olifant !
Mais laissons à l'antan ses guerres amères,
Car tout comme un cerf, je suis à l'hallali,
Ma belle court toujours et je désespère...
Je me presse donc de ce pas, avant l'oubli !
Me diras-tu belle ' Dame' où tu es ?
Que puis-je espérer de toi pour mon âme,
Dis, reviendras-tu parmi les verts genêts ?
Révéleras-tu ce que tu es ô ! femme...
Est-ce brume se dissipant au matin,
Ou bien la rosée gorgeant dame nature ?
Aux calices des fleurs j'y prendrais un bain,
Du voile diaphane j'en ferai ta parure !
De mon songe seras-tu au rendez-vous ?
Laisse-moi aux réalités espérer
Pour que je m'éveille... Écarte de nous
Ce rideau de la nuit et fait donc briller
L'astre du jour. Du rêve épargne-moi
Et sa froideur et son goût de l'irréel.
Que mes yeux s'ouvrent sur le chemin et voient
Du bleu de l'azur, la promesse éternelle.
Ô' Dame' ! ton chemin ne s'arrête pas,
Mais il continue avec un compagnon...
Telle Ruth, où tu iras j'irai de ce pas,
Nous regarderons vers le même horizon !
Ma ' Douce', ton espérance c'est la mienne,
C'est Jah ! Notre '' Rocher'', notre forteresse !
Donnons-nous la main et quoi qu'il advienne,
Lions-nous, sans peur, triple sera la tresse !
plumedefou
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