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Nous étions si heureux Dans notre petit nid
De foin et de verdure à l'abris sous les branches
A l'ombre du soleil, tellement attendri
De nous voir amoureux sur un dais de pervenches
Tout un chœur d'angelots acquis à notre amour
Faisait frémir l'été d'un langoureux prélude
Guêpes et papillons dans les rayons du jour
Bruissaient d'un vol léger, plein de béatitude
L'intime évènement de notre pieu combat
Berçait les eaux, les prés; j'abandonnais mon âme
Aux fleurs de ton corsage au prix de l' hosanna
De ta petite voix chaleureuse et en flamme
De mes doigts satinés, je savourais ta chair
Ton charme féminin bigarré d'émeraude
Ainsi que tes longs cils versaient de l'or dans l'air
Et je cueillais le miel sur ta bouche en maraude
Cependant que le soir distillait la douceur
Paille et mourons dorés d'une façon charmante
Frissonnaient de tendresse éployant le bonheur
Jusque dans le sous-bois où la source serpente
Brûlé par ton regard pailleté de langueur
Déjà l'onde éternelle écrivait notre histoire
Le blé des jours heureux épandait la saveur
Dans le silence ému digne d'un offertoire
J'écoutais sourdre en moi la sève du plaisir
En effeuillant ton corps je faisais la conquête
D'un fleuve évanescent, merveilleux à mourir
Cerné par tant de lys je me rêvais poète
D'invisibles grillons nous annonçait la nuit
Parmi les rameaux verts, les herbes parfumées
Nous roulions sur les fleurs, nous offrant l'infini
Par les étoiles d'or de nos âmes enfiévrées
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