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Sous les grands arbres verts à l'abris du feuillage
Le vieux clocher Roman tout doucement se meurt
Et cet apaisement sur le petit village
Apporte à lui tout seul l'ineffable langueur
De tendres friselis courent sous la ramure
Que la campagne est belle aux longs jours de juillet
Seul manque les faucheurs*, ceux de l'agriculture
Où donc est le terreux, la vache et le baudet?
D'un bruissement léger le chant de la fontaine
Respire la tristesse au rythme lent du temps
Tandis qu'un rossignol sous le couvert égraine
La chanson du passé, le refrain des galants
Et mille souvenirs que la terre amoncelle
Répandent des senteurs, d'églantines, de foins
Comme au temps du bonheur, au temps de l'hirondelle
Le souffle caressant si tendre des sainfoins
Fait revivre les jours fidèle au bel adage
(La terre resplendit quand le blé est doré)
Admiront ce blason voila le beau voyage
Que peut faire un poète en plein cœur de l'été
L'appel doux et plaintif d'un héron sur un arbre
Illumine le soir et m'inspire ces vers
"L'âme de chaque humain s'éteint avec le marbre
Seul un retour au vrai sauvera l'univers"
La nature à son droit, quelquefois redoutable
L'homme et même la fleur, nul n'échappe à la faux
Ce qui fut la splendeur finira lamentable
Ne reste que la muse au miroir des ruisseaux
La flamme un jour s'éteint en manque de pétrole
Notre vie est pareille à l'instant de la mort
Et pour chacun de nous l'amour c'est l'auréole
Il semble que l'esprit a besoin de cet or
Au moment des moissons, qu'est-il de plus paisible
Qu'une famille aux champs unit par le travail
Quand s'étend sur la plaine un bien être indicible
Sans compté le trésor, à l'ombre du bétail
Souvenez-vous toujours la fibre paysanne
D'un reflet de soleil, d'un regard profond
Sous le manteau rugueux d'une tendresse, émane
Le lien fort du terroir qui jamais se morfond
Au son de l'angélus, à l'heure monotone
Le merveilleux accord de la terre et du ciel
Comme un aveu d'amour sur l'écrin vert claironne
Que vivre simplement demeure l'essentiel
A deux pas de Paris, notre France si belle
perd l'authenticité, son labeur, son labour
Le monde paysan parmi les fleurs, chancelle
Le terroir refleurit mais reste sans amour
* pas ceux de nos gouvernements successifs
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