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La source ancestrale

le mardi 07 mars 2017, à 15:07. Posté par plumeflore


    Sous les grands arbres verts à l'abris du feuillage
    Le vieux clocher Roman tout doucement se meurt
    Et cet apaisement sur le petit village
    Apporte à lui tout seul l'ineffable langueur

    De tendres friselis courent sous la ramure
    Que la campagne est belle aux longs jours de juillet
    Seul manque les faucheurs*, ceux de l'agriculture
    Où donc est le terreux, la vache et le baudet?

    D'un bruissement léger le chant de la fontaine
    Respire la tristesse au rythme lent du temps
    Tandis qu'un rossignol sous le couvert égraine
    La chanson du passé, le refrain des galants

    Et mille souvenirs que la terre amoncelle
    Répandent des senteurs, d'églantines, de foins
    Comme au temps du bonheur, au temps de l'hirondelle
    Le souffle caressant si tendre des sainfoins

    Fait revivre les jours fidèle au bel adage
    (La terre resplendit quand le blé est doré)
    Admiront ce blason voila le beau voyage
    Que peut faire un poète en plein cœur de l'été

    L'appel doux et plaintif d'un héron sur un arbre
    Illumine le soir et m'inspire ces vers
    "L'âme de chaque humain s'éteint avec le marbre
    Seul un retour au vrai sauvera l'univers"

    La nature à son droit, quelquefois redoutable
    L'homme et même la fleur, nul n'échappe à la faux
    Ce qui fut la splendeur finira lamentable
    Ne reste que la muse au miroir des ruisseaux

    La flamme un jour s'éteint en manque de pétrole
    Notre vie est pareille à l'instant de la mort
    Et pour chacun de nous l'amour c'est l'auréole
    Il semble que l'esprit a besoin de cet or

    Au moment des moissons, qu'est-il de plus paisible
    Qu'une famille aux champs unit par le travail
    Quand s'étend sur la plaine un bien être indicible
    Sans compté le trésor, à l'ombre du bétail

    Souvenez-vous toujours la fibre paysanne
    D'un reflet de soleil, d'un regard profond
    Sous le manteau rugueux d'une tendresse, émane
    Le lien fort du terroir qui jamais se morfond

    Au son de l'angélus, à l'heure monotone
    Le merveilleux accord de la terre et du ciel
    Comme un aveu d'amour sur l'écrin vert claironne
    Que vivre simplement demeure l'essentiel

    A deux pas de Paris, notre France si belle
    perd l'authenticité, son labeur, son labour
    Le monde paysan parmi les fleurs, chancelle
    Le terroir refleurit mais reste sans amour


    * pas ceux de nos gouvernements successifs

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Micheline 1940 le samedi 11 mars 2017, à 09:59
Vous avez écrit, là, un sublime poème, où la tristesse fait couler des larmes grosses d'amertume... Car le noble Monde Paysan est sacrifié, et se meurt, comme aussi notre belle France rurale, aux folles reculades de la maudite et dangereuse modernité. Belles et douces campagnes françaises, il faut vous maintenir ! Nous devrions rendre grâce à ceux qui oeuvrent chaque jour, dans un métier pénible, mais chargé de noblesse, à nos valeureux et chers Paysans que j'aime et que je loue ! Soyez remercié mille fois et encore plus, cher laudateur de nos bien chères et précieuses campagnes, et soyez assuré de mon amour reconnaissant pour le sacrifice journalier de ces merveilleuses personnes que sont nos courageux Paysans ! Votre Poème est une merveille !
Bien amicalement,
Micheline.

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