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Ô! souffle d'autrefois, neiges d'antan exquises
Ô! quand vous revenez fendre d'un coup mon cœur
Je m'aperçois soudain que le temps des cerises
A l'âge de dix ans, c'était le vrai bonheur
Avant la fenaison, jusqu'aux genoux de l'herbe
Porté par les parfums, pareil au machaon
Courant de champ en champ, je peaufinais ma gerbe
Heureux parmi les fleurs, l'aubépine en bouton
Des papillons par deux dansaient en robe blanche
Je marchais lentement prêtant l'oreille au son
Parfois le dos courbé marchant comme un comanche
J'avais un seul désir surprendre le grillon
Au pas du promeneur, au bois, l'âme tranquille
J'allais sereinement pour découvrir des nids
Ainsi chez les oiseaux j'apprenais l'évangile
Que de bienfaits soudains inondaient mon parvis
Plein d'éblouissements, je voulais tout connaître
Le sous-bois verdoyant, ce temple bien heureux
C'était le Paradis sans mur et sans fenêtre
Avec pour seul rideau les feuillages soyeux
Il suffisait parfois d'une fille rêveuse
Alors je délaissais, les scilles, les pinsons
Pour suivre cette fée à la marche onduleuse
Les yeux écarquillés j'avais de chauds frissons
Avec ses fines mains et sa tête de reine
Avec sa robe bleue elle embrasait mon cœur
J'aimais ses cheveux blonds, son teint de porcelaine
Sans connaître l'amour, j'en savais la saveur
Voyage merveilleux qu'il est doux de reprendre
Le chemin à l'envers, de retremper son front
Au miroir de passé, de nouveau redescendre
En l'écrin du terroir au niveau du sillon
Comment ne pas bénir le parfum de ces heures
Qui se moquait du temps, d'hier et de demain
Ces idylles d'enfant n'étaient jamais mineures
Voir refleurir ces fleurs m'embrume d'un embrun
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