|

Alors que le couchant s'enflamme avec tourment
Je pense à toi ce soir ma perle d'Orient
De belles larmes d'or à la robe vermeille
S'accrochent transparente aux pendants de la treille
La nuit par la forêt, descend à pas de loup
Et de ses derniers feux le jour pur se découd
L'ombre guette les blés et paisible s'allonge
Le long du fleuve blond, que le silence longe
Je songe avec amour à nos bleus souvenirs
De la clarté là-bas je compte les saphirs
Et mon cœur s'abandonne à la mélancolie
Du vieux clocher Comtois tombe la litanie
J'entends vibrer au loin le son de l'angélus
Et l'onde millénaire éclate d'autant plus
Qu'une immense détresse en ma mémoire affleure
Le bonheur amoureux au fond n'est-il qu'un leurre,
Ce soir tu n'es pas là, je suis seul sans amour
Quand l'aube renaîtra demain dés ton retour
Nous irons boire, ainsi le cœur plein de fortune
Au miroir des étangs les baisers de la lune
|