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Un jour tu reviendras, après des ans d'errance
Pour revoir ton pays, mi triste, mi joyeux
Tu vivras le décor de ta lointaine enfance
Retrouvant l'hirondelle au vol audacieux
Tes pas te mèneront surement vers l'école
Alors le cœur serré, tu reverras la cour
Son tilleul séculaire à la verte auréole
Des parfums et des jeux seront remis au jour
La porte du passé comme une antique armoire
Soufflera sur ta peau la douceur d'un émoi
Ce blanc bouquet d'avril surgit de ta mémoire
Refleurira le temps où le désir s'accroît
Ton doux pays natal au comble de l'ivresse
Te montrera le nid, ta première maison
Un émouvant nectar débordant de tendresse
En buvant à la source éclairera ton front
En vain tu chercheras les sentes clandestines
Les temples verdoyants où tu venais enfant
Cueillir les boutons d'or, les blanches églantines
Dépouillant les bosquets pour ta douce maman
Alors poussant plus loin ta songeuse escapade
Pour arroser tes yeux de verdure et couleurs
Tu suivras le chemin menant à la cascade
Et deviendra poète en écoutant ses pleurs
Et tu voudras rêver à l'ombre d'un grand chêne
Du bonheur ancestral, des belles moissons d'or
Quand le soleil d'été recouvrait de sa traîne
Les vallons, les forêts, les champs de messidor
Tu sauras y trouver la saine solitude
Témoignant de jadis le chant clair d'un pinson
Posera dans l'azur, plein de sollicitude
Le souffle évanescent d'un merveilleux frisson
Au milieu du terroir, fleurissant ta pensée
Des visages oubliés d'eaux vives renaîtront
Le ru des souvenir sous la voûte dorée
Sur tes îles en fleurs coulera du blé blond
Une sourde romance aux cordes du silence
Saisira ton esprit, imageant ta raison
Tu reverras l'aimé, l'amour de ton enfance
Et tes yeux couleront en murmurant son nom
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