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Monde décadent...

le lundi 26 décembre 2016, à 16:02. Posté par plumedefou


    Romains, la décadence est liée au progrès…
    Progrès des Sciences et des Arts !
    Si tu eusses, en malheur, ta vie redonnée,
    Ô Fabricius ! Cette ville,
    Que ton bras a sauvé et ton nom illustré,
    À la voir tu t’exclamerais :
    « Où sont les toits de chaumes et les foyers rustiques ?
    La modération, la vertu,
    Habitant là jadis ? Aujourd’hui lui succède,
    La pompe et la splendeur funeste !
    Mais où est donc passée ta simplicité Rome ?
    Qu’est-ce donc ces mœurs inverties ?
    Ce langage étranger, ces statues, ces tableaux
    Et ces édifices ? Insensés !
    Cela pour enrichir les histrions, les peintres
    Les sculpteurs et les architectes ?
    Vous avez arrosé de votre sang la Grèce,
    Puis l’Asie, pour quel résultat ?
    Celui de voir chez vous, l’esclave d’hommes creux,
    Ces vains gouvernants incapables !
    Leurs règles barbares trompaient la liberté,
    Subjuguant, vous et vos enfants,
    Sauf les droits naturels, pour mieux vous imposer !
    Ton soulèvement, oui, pour quand ?
    Pourtant autre cosmos lui est très identique.
    Celui du jourd’hui lui ressemble…
    C’est la pétaudière, de là l’effondrement !
    De ces cultures si inouïes ;
    Rome, elle disparue, la Grèce éclatée,
    Les Mèdes, les Perses, dispersés !
    La belle Babylone en un soir disparaît…
    Ah ! Et dépeindre l’Assyrie,
    Féroce rivale de l’orgueilleuse Égypte !
    Mais faut-il encor plaidoyer ?
    Monde décadent : page
    La folie embrasa ces peuples grandioses,
    Aujourd’hui il n’est rien qui change !
    Cependant à quel point nos chefs sont-ils égaux,
    À nos rois et au césarisme ?
    Les peuples ont pris les lieux, doublant Fabricius…
    Pillages, terreur, soumission,
    La colonisation, ceci pour quelle gloire ?
    Dans le siècle de Vulcain,
    Trente Glorieuses on vit, et années folles ;
    Oui, l’Europe à feu et à sang !
    L’homme si inventif approuve ainsi la mort…
    Dans la nuit Gaïa dégringola !
    Les drapeaux noirs et rouges flottent sur la marmite,
    Ils se conjuguent vite et haut,
    Révolutions des peuples et marches de gens braves…
    Toi Fabricius, quel discours
    Tu tiendrais en voyant ces horizons si sombres ?
    Rome est descendu au néant,
    Pourtant nos dirigeants ont suivi ambitieux !
    D’un côté Rois et Reines gouvernent,
    De l’autre, Dictateurs ou encor Présidents…
    Tous à la parade, ils piaffent,
    Avec des ronds de jambes et autres simagrées,
    Signant grands nombres de traités,
    Mais parjurant la sève en perversions hideuses !
    Puis l’on vit monter crescendo
    Toutes choses insensées, effroyables et mauvaises.
    Hé ! Fabricius, tes conquêtes,
    C’est l’horreur qui était compagne bien aimante ?
    Nos jours t’ont exclu dans l’effroi !
    Belle Époque vécue, on vit l’insouciance…
    Puis vint le monstre de la guerre !
    Artilleries lourdes, forteresses volantes,
    Les «pousses-cailloux», l’artilleur,
    Tous en cœur moururent, les mères furent en pleurs ;
    Les aïeux fiers de l’exploit…
    Monde décadent : page
    Des mausolées dressèrent, entonnèrent l’hymne,
    Puis laissèrent place au suivant !
    Le tribut fut très lourd, pourtant ils redoublèrent,
    Comme si tout était normal.
    Un cauchemar latent, il vint des profondeurs,
    Il s’enfla jusqu’à son essor,
    Alors ce fut l’ultime et innommable horreur…
    L’humain atteignit le féroce,
    Son ego animal devint exacerbé !
    Haine de l’ethnie et massacres,
    Antisémitisme, camps d’exterminations,
    Aliénation de la plèbe.
    Les deux camps opposés, quels dieux priaient-ils ?
    Et le comble, ils eurent l’appui
    Des grands hommes érudits, de leur grande science…
    La mort descendant, oui, des cieux,
    Où, en ce fameux jour, fleurit le champignon,
    Jusqu’à en meurtrir l’horreur même !
    Icare est bien loin et l’humanité ingénieuse,
    Mouvements portant vers un terme,
    Aussi vers le mythe : progrès infini…
    L’ascension ruine progression !
    Civilisations et Empires décadents,
    Voilà, qui en se succédant,
    Vit l’Esprit nihiliste en plein accroissement !
    Est-ce ainsi le meilleur ?
    Vient-il à dissoudre la misère des peuples ?
    Facultés mentales engourdies
    Et pauvreté de vie mettent nu les vivants.
    La populace naît et meurt
    Pour un esclavage des plus alambiqué,
    Mensonges captieux, fourberies,
    Ce sont là quelques lots de la tartuferie…
    Mais le religieux n’est pas mieux,
    La faconde des chefs surpasse l’hypocrite,
    Et où sont-ils donc les dieux forts ?
    Monde décadent : page
    Zeus, Thor, Mars, toutes leurs kyrielles ?
    Tous poudre de perlimpinpin ! :
    Dans villes et villages, Lesbo se baguenaude…
    Aux bourgs des poivrots sont peu ferment,
    Bachus étant fêté en riant d’abondance !
    Des minets chantent les Hellènes,
    De leurs mœurs débridées, ils remettent à la mode
    Rome des Césars, tous leurs vices !
    Leurs excentricités font penser aux bouffons,
    Bien que ces fous aient plus d’esprit…
    L’Art a bien des valeurs, peut-il contribuer
    À cette descente aux enfers ?
    Au nom de l’idéal créateur d’esthétique,
    Doit-on permettre et laisser faire ?
    Même l’écriture est un des boucs-émissaire
    Où l’on galvaude l’art du beau,
    Alors que mauvais goût en soit divinisé !
    Pourtant feu sacré doit aider
    À l’élévation d’esprit, non du commerce,
    Et bien moins l’ego harpagon !
    Le génie devrait-il servir tous les rapaces ?
    Requérait-il voir Mytilène
    Où Alcée et Sopho exhibaient leur talent ?
    Nul doute qu’Horace y trouva
    L’inspiration du jour, non la vénalité !
    Mécène trouva là la joie
    D’une contribution bien plus qu’édifiante.
    Ô, Fabricius ! Tu dois rire !
    D’outre tombe, qui vois-tu ? Toute notre sagesse ?
    Qu’avons-nous de plus en tout compte ?
    Sommes-nous supérieur en nos époques noires ?
    La machine ronde est bien prête,
    Pour l’ultime voyage en un dernier chaos !
    Vas Fabricius ! Rendors –toi !

    plumedefou

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