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Dans ce monde, parfois voilée,
A chaque étage suspendue,
Regarde partout la beauté,
Ne la perds surtout pas de vue.
Commence toujours par l’oiseau,
Étreins de tes yeux son conseil.
Qu’il rase l’onde ou vole haut,
Son aile frôle le soleil.
D’un pas sondant son taiseux verbe,
Suis le berger dans sa montagne,
En partageant sa couche d’herbe
Quand au ciel les étoiles gagnent.
Plante aussi l'arbre en ton lopin,
Pour la tiédeur de sa douce ombre
Admire les verts si sereins
De sa ramure blonde ou sombre.
Livre enfin à ceux qui font signe,
Des heures pleines d’attention
En découvrant ce que souligne
L’âtre en leurs yeux, dessous leur front.
Et n’aie pas peur du désespoir
Quand l'émotion devient cruelle,
Que s’est envolé dans le noir
Le drap des jours, fine dentelle :
Si la tristesse te visite,
Prends quelques pierres dans ta main,
De ricochets sur l'eau médite,
Tu la verras tarir soudain.
Écris alors la Belle Histoire
Que tu n’imaginais pas tienne :
L’oiseau, le berger, la victoire
De l’arbre en sa ligne aérienne,
L’inconnu que tu as croisé…
Raconte tout et n’omet rien,
Pas même les pierres jetées :
Tout ce trésor, c'est ton jardin.
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