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ÉQUATION SUR DEUX STATUES
C’était un horizon
Sans fin et sans raison,
Aux limites brouillées
Par ses couleurs rouillées.
J’aperçus, au lointain,
Deux formats incertains,
Comme deux personnages
Inscrits comme un bornage.
Bientôt, je m’approchais
Et je vis, sans tricher,
Deux profils de statues
Pleinement dévêtues.
Dans ce désert ocré
Où peu, étaient entrés,
L’une apparut, splendide
Et l’autre, assez sordide.
L’une était l’érection
De cette perfection
Dont on voyait l’essence
Lors de la Renaissance :
Les muscles fuselés
D’un David ciselé
Me livraient la structure
Des divines sculptures.
Mon esprit divaguait,
Pleinement subjugué
Par ce marbre inconnu
Au corps sublime et nu.
L’autre statue ancrait
Son corps adultéré
Où nul ne trouvait trace
De prestance ou de grâce
Ses jambes et son cou,
Raccourcis, tout-à-coup,
Abaissaient vers la terre
Sa silhouette austère.
Et son lourd abdomen,
Semblable au duramen
D’une large barrique,
La plaquait, cylindrique.
Dans ce désert rouillé,
Venaient se côtoyer
Vénusté somptueuse
Et laideur monstrueuse.
J’eus soudain la vision
D’une courte équation,
Conversion de passage
Entre les statues sages :
2 / 3 ou 3 / 2
Sur trois points, faux amis,
Tronçonnaient le dédale
De sinusoïdales.
Je me trouvais heureux,
Découvreur valeureux
Ayant joint l’esthétique
À la mathématique.
Le soleil étirait
Les statues en arrêt,
En inscrivant leur ombre
Au-dessus du sol sombre.
La statue de beauté,
Sur ce sol envouté,
Jetait l’ombre subtile
D’un ange au noble style.
La statue de laideur
Offrait l’ombre en fadeur,
D’une gargouille antique
Sur piédestal gothique.
Ces deux ombres de jais
Me faisaient émerger
Dans un monde mystique
D’intrication quantique.
Le soleil au couchant,
Allait, en se cachant,
Déliter l’engrenage
Des deux noirs personnages.
Les ombres, suffocant,
Se livraient à l’encan,
En équations fissibles
Et peu compréhensibles.
Voyant venir leur fin,
Gargouille et séraphin,
Sous leurs lignes pointues,
Mouraient près des statues.
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© Gérard ANGELIS - Onirisme quantique 2016
. David : Statue de Michel Ange, sculptée de 1501 à 1504 - 4m34 de hauteur, en contrapposto - .Florence
. Adultéré adj : détourné de sa véritable nature
. Duramen nom masc : partie centrale et dure d’un arbre
. À l’encan : proposé aux enchérisseurs, lors d’une vente
. Séraphin – nom masc : Ange appartenant à la première hiérarchie
Équations : Une équation entre les deux statues, trois points de conversion sur Homo sapiens perfectus (David) Longueur du cou et longueur des jambes x 2/3 ; Circonférence de la taille x 3/2 = Homo sapiens patatoïdes
La deuxième équation s’applique aux ombres des statues. Les ombres sont intriquées (même parcours simultané) relativement au mouvement du soleil, à l’intensité lumineuse et à la position ou mouvement propre de l’observateur. Fonctions d’onde, avec périodicité quotidienne probabiliste (ensoleillement ou non)
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