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LE CYGNE
Le clapotis des flots
Qui, doucement, s’égrène,
Se revêt du halo
D'une aurore sereine.
Ce havre de beauté
Nimbé de paix insigne
En haute majesté,
Laisse voguer un cygne.
Le cygne étincelant,
Posé sur les eaux, glisse,
Incisant, d’un trait blanc,
Leur surface trop lisse.
Écoutant son instinct,
Brillant comme une broche
Sur un miroir sans tain,
Le cygne blanc s’approche.
Il vient et son reflet
L’accompagne, fidèle,
Prêt à se désoler
Avec un seul coup d’aile.
Parvenu à deux pas,
Le cygne blanc s’arrête,
Exhibant ses appas,
Avant quelque retraite.
Les contours du reflet
De blancheur assassine
Semblent me dévoiler
Des traits qui se dessinent.
J’y discerne des fleurs,
Des lys en leur noblesse,
Inscrivant leur valeur
Sur les flots qui les blessent.
J’y vois également
Un bel ange immobile
Au sein d’un firmament
Encore indélébile.
Ainsi, vont les reflets
Sur les eaux trop agiles…
Ainsi, vont les reflets
Au destin trop fragile…
© 2016 Gérard ANGELIS
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