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Le soir, vers le couchant,
J’entendis un doux chant :
Des notes cristallines,
Suaves et félines.
Je découvris alors,
Entre le jais et l’or
Marquant leur imposture,
L’étrange créature.
Je voyais, non sans mal,
Une femme-animal
D’une espèce inconnue,
Flottant parmi les nues.
Tout le bas de son corps
Et la queue, en accord,
Semblaient faire allégeance
Aux poissons de l’engeance.
Mais le buste et le cou
Paraissaient, tout-à-coup,
Retracer le modèle
D’un violon fidèle.
Ses deux bras, sans tricher,
Comportaient quatre archets
Et ses longs doigts, uniques,
Des notes de musique.
Sa tête, aux longs cheveux,
Jetait, comme un aveu,
Une bouche altérée
Sur un dièse, égarée.
Sous mes yeux en émoi,
Se tenait devant moi
Cette étrange sirène,
En tous points, souveraine.
Son chant pur poursuivait
Mon rêve inachevé,
Un chant, comme une traîne,
Un long chant de sirène.
Je ne pouvais quitter
Ce doux chant velouté,
Étreint par les caresses
De sa mortelle ivresse.
© 2016 - 09- Onirisme quantique _ Gérard ANGELIS
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