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La pluie qui tombe n’est plus la même
Elle penche toujours du même côté
Son flanc est mou en hoquetant
Elle est usée presqu’à moitié
J’ai l’impression qu’elle est pesante
On suit la ligne au coin d’la rue
Elle est passive dans le canal
Elle est salée sans direction
Dans son tuyau elle cogne les clous
Le drain déborde en mousse épaisse
Les bulles éclatent dans son acide
Les mouches bizarres sont après moi
Elles se répandent dans le café
Après deux jours elles tombent à terre
Je les ramasse avec le linge
Je lave mes mains et j’recommence
Le lendemain, j’ramasse des feuilles
Mon sac est jaune, y reste dans rue
Y a un orage, y va dans l’fleuve
C’est tout collé, je lave mes pieds
J’prends mon café, y mouille encore
Je penche à gauche, chu à moitié
Le cœur me lève, je passe le linge
Je lave mes mains et j’recommence
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