Petits Reflets De soi

 

Mes poèmes - Livre d'or - Moi

 

Un Piano Face Au Jardin

le dimanche 24 juillet 2016, à 22:52. Posté par Zé


Cette maison vide déplore
La solitude d’une chambre
Où la détresse décolore
Des carreaux figés en décembre.

Elle s’y souvient de l'Été,
D’instants moulés dans la tendresse,
Des rêves qu’avait accrochés
A ses rideaux, notre jeunesse.

Emperlant le plafond terni,
Des gouttes disent son épreuve
Avant de tomber de dépit
Comme les larmes d’une veuve.

Quittant cette pauvre mansarde,
Une odeur âcre la poursuit,
Où qu’elle rôde ou se hasarde :
Celle d’un nid sans plus de vie.

Même le chant de sa pendule,
Des heures autrefois comptables,
S’est tu au fond du vestibule
En un silence insupportable.

Mais voilà que le piano gai
Qu’a frôlé les pattes d’un chat,
Réveille de notes heurtées
Son salon qui reprend éclat

Et replonge dans l’atmosphère
De tes longs doigts sur le clavier
Tandis que ton âme solaire
Aux sonates s’abandonnait.

Sur ton petit banc de velours,
Face aux grands arbres du jardin,
Les murs éclaboussés d’amour
Croient te revoir jouer Chopin.


https://youtu.be/pRprR_0406E


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commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
matsuoka le dimanche 24 juillet 2016, à 23:06
C'est un beau poème! J'aime sa mélancolie!

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 25 juillet 2016, à 07:07
Bonjour José. Tu es de ceux qui savent marquer avec délicatesse l'empreinte du spleen dans certains de tes poèmes. Délicatesse il y a, en effet, dans ton poème.
La notion de temps qui semble s'être figé, arrêté est présente. Avec de belles tournures comme j'aime "odeur de l'adieu", "instants moulés de tendresse", "notes envolées qu'étreint le piano". Oui, c'est une poésie bien délicate, un peu diaphane. Amitiés, José.
Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

domidom le lundi 25 juillet 2016, à 21:34
Un retour vers le passé qui engendre des souvenirs bien mélancoliques, tes mots suffisent à nous entraîner dans ce lieu, qui fut pour toi un havre de bonheur...
Une fois de plus, j'adore...
Amitiés, Domie

José le mercredi 27 juillet 2016, à 07:42
Merci d'être passés me lire, amitiés.

rivaudais le jeudi 06 août 2020, à 15:46
Contraste bien rendu entre la magnificence de la musique et la décrépitude des lieux, dans l' harmonie de la nature, du chant de l'heure et de cette musique. (Avec cette petite réserve que Chopin n'était pas spécialement gai (dans aucun sens du terme).

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