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Lettre à mon petit fils
Écoute, mon enfant, la voix de ta grand-mère
Quand elle dit combien la vie est éphémère;
Le ciel n’arrête pas de bousculer les ans,
Alors laisse tomber les doutes épuisants.
Regarde les oiseaux qui survolent la terre,
Ils n’ont qu’un pauvre nid mais qui les ferait taire?
Un homme est assez fort pour leur couper les ailes
Mais leur chant adoucit les déceptions cruelles.
Porte attention à l’eau, pense à son avenir;
Chacun de nous devrait tenter de retenir
Son trajet essoufflé qui le mène à sa perte.
Elle est le seul espoir de notre forêt verte.
Sens le parfum des fleurs qui poussent dans les champs,
Hume la marguerite et les asters couchants,
Leur baume rassurant calme les inquiétudes
Qui pourraient t’éloigner de tes sujets d’études.
Sur ton banc d’écolier, tu apprends à compter,
Mais tu apprends autant en allant visiter
Les chemins sinueux traversant tes collines,
La terre sous tes pieds renforce tes racines.
Quand tu verras trembler la main de ton grand-père,
Garde confiance car, la génétique espère
Vaincre le grand défi d’un monde où la santé
Ne serait plus sans cesse un rêve convoité.
C’est vrai, tu grandis vite et je ne le vois pas.
Ta place dans ce monde se construit pas à pas.
Je souhaite que tu voies la beauté qui nous berce
Plutôt que la laideur qui parfois nous transperce.
Le ciel n’arrête pas de bousculer les rangs
Alors suis de ton mieux la houle et les courants.
Mais n’oublie surtout pas ce que dit ta grand-mère :
«Sois heureux car la vie est un souffle éphémère…»
Ta mamie qui t’aime
Lucille
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