JARDIN DE LUNE

 

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Le blé rouge

le vendredi 17 juin 2016, à 17:59. Posté par Philip de Berg


    Toi qui fuis le jour lent pour de sauvages nuits
    Aux contours désossés où peine à suivre l’âme,
    Quand le chant souterrain s’évade enfin des puits
    Pour signifier au jour où se penche la flamme,

    Il n’est de ciel de feu que le souffle insolent
    Des dernières moissons que la saison exhale
    En quelque souffle impur colporté par le vent
    Sous l’horizon rougi d’une mue triomphale.

    Homme au cœur éternel, par le fer, par le sang,
    Quand saigne encor l’aurore, tu lèveras le glaive
    Au-dessus des blés mûrs pour nourrir dans ton rang,
    Les vassaux affamés par leur ultime trêve.

    Alors, sans adourner les champs d’une parure
    Eclaboussée par l’or muri sous les efforts,
    Quand la pierre et le soc, en un dernier murmure
    Embraseront les cœurs sur la cendre des morts,

    Le flot de l’espérance au charme famélique,
    Suffira pour germer quand naîtra Thermidor,
    Et entamer enfin un tout dernier cantique
    Oublié en chemin tout près des boucles d'or.
    --------------------------------------------------------------
    Embrasés par l’aurore et nourris par le sang
    Sous les cieux inconstants, les blés pleurent l’instant.

    (Illustration : photo Philip - champ de coquelicots parmi les blés - Baie de Somme)

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
guillaume le vendredi 17 juin 2016, à 20:48
bonsoir philip, un magnifique poème sur la nature, avec des mots toujours parfumés de délicatesses , j'adore!!!!particulièrement le 3ème quatrain, et le1er quatrain, c'est de la pure poèsie mon pote!! continues, ne t'arrêtes pas d'écrire, amitiès philip.http://www mes poèmes.net/funky571/, sinon, aimes-tu mon sonnet sur la guerre philip? bon week end mon ami philip.

Presence furtive... le vendredi 17 juin 2016, à 22:04
...et amicale pour saluer ces magnifiques blés rouges...sourire

Micheline 1940 le samedi 18 juin 2016, à 04:36
Bonsoir Philip,
Il me semble à vous lire partir au grand galop, je deviens valkyrie et m'en vais guerroyer ... Cependant, il me faudra demander à ma monture, l'effort d'un saut plus long, pour passer sans dommage un vers trop généreux. Votre poème est superbe, et votre créativité d'une belle richesse ! Cette lecture me voit comblée ! Continuez à nous émerveiller, cher Philip, et c'est là mon amicale prière !
Bien à vous,
Micheline.

Philip (JARDIN DE LUNE) le samedi 18 juin 2016, à 07:02
Pour PRESENCE FURTIVE (et amicale !) : merci d'avoir aimé ce poème, mais....qui es-tu/vous ? En tout cas, connu ou inconnu, merci encore :)

Pour GUILLAUME :
Merci l'ami, heureux que tu aies perçu que le poème, en fait, porte plus sur la Nature que sur l'Homme (bien que l'Homme apparaisse dans mes vers). En fait, voici l'explication de l'idée ; j'avais écrit le titre "Blé rouge", sans aucune idée de développement il y a quelque temps. Je ne voulais pas que le blé fut, dans l'allégorie, rougi par le sang des hommes, bataillant pour la conquête de ce symbole nourricier. En fait, ce blé rouge était plus celui qui est teinté de cette couleur, à l'aurore ou au crépuscule. Mais il fallait souligner quand même la première hypothèse imaginative. Merci de ta fidélité à me lire Guillaume (je vais passer voir ton poème en question, j'ai un peu de retard). Amitiés. Philip.

Pour MICHELINE :
Ne partez pas guerroyer en lisant mes vers, chère Micheline. En lisant ma réponse qui précède, vous aurez compris que j'ai privilégié de tableau vespéral ou celui d'une aube colorée à de sanglants assauts. Thermidor n'est ici que parce qu'il désigne poétiquement la période où l'on moissonne les blé et n'a pas une allusion directe à la fin de cette période de l'Histoire qu'on nomme la Terreur.
La créativité ? Merci pour le compliment, mais elle est à portée de tous ! Il suffit de laisser vagabonder l'esprit. Ainsi, mon prochain poème, sera une proimenade-carte postale sur l'Iindochine, oui, pas le Viet-Nam d'aujourd'hui, mais bien l'Indochine coloniale d'antan, les vieux cafés d'Hanoï, les forêt d'hévéas.....
De quoi voyager encore !
Avec mes plus vives amitiés poétiques, Micheline. Prenez soin de vous. Philip
---------------------------------------------
(week-end prolongé....je reviens mardi et commenterai alors les nouveaux poèmes et d'éventuels commentaires que vous me ferez peut-être l"honneur de me faire)
www.mespoemes.net/philipchevalier

LucLéon le samedi 18 juin 2016, à 11:10
On se laisse saisir par la profondeur des mots dès la première strophe... J'ai adoré.... magnifique

Elise le lundi 20 juin 2016, à 07:04
Bonjour Philips,
Un champs de coquelicots et de blé sanguinaire et tranchant...la mort ,la guerre .
Je retiens cette partie faite de douceur et d'espoir coloré .
Amitié,
Elise
Il n’est de ciel de feu que le souffle insolent
Des dernières moissons que la saison exhale
En quelque souffle impur colporté par le vent
Sous l’horizon rougi d’une mue triomphale.

domidom le lundi 20 juin 2016, à 21:12
Je ne suis sans doute pas illuminée, car je n'ai pas vu dans ce poème d'allusion à la guerre et je dois être la seule, quelque chose doit m'échapper....
Perso, je n'y vois que la beauté de la nature, avec un coup de cœur pour ton second quatrain...
J'ai lu et relu ce poème avec pourtant grand intérêt, car la délicatesse de ton écriture et la recherche de tes mots sont impressionnants, et c'est là, que je me sens minus, face au savoir d'un géant....
J'ai vraiment adoré....
Bises, Domie..

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 21 juin 2016, à 12:18
Pour DOMIE :
Non, tu as raison, le poème n'est pas conçu et n'est pas orienté vers la guerre (juste l'évocation du glaive peut faire penser aux conquêtes de terres fertiles, mais sans plus). Oui, le 2ème quatrain est celui qui représente le plus une aube ou un crépuscule rougeoyant(e).
Mais pour le reste de ton commentaire.....grrrrr ! Quand vas-tu ne plus employer de mots comme "impressionnant", "savoir de géant" et le reste. Toi qui me connais, tu sais que je ne suis rien de tout cela ! Enfin, c'est quand même très gentil de ta part d'aimer ma poésie. Alors....gros bisous, et belle semaine, Domie. :) Philip.

Pour LUC LEON :
Alors oui, merci, je suis d'accord, parfois je mets de la profondeur dans certains mots. Peut-être parfois avec trop de grandiloquence, mais c'est un peu ma conception de la poésie, magnifier nos ressentis même si l'on est dans l'imaginaire. Amicalement. Philip.

Pour ELISE :
Coucou, Elise. C'est en effet la bonne partie qu'il faut retenir ! (sourire). Ah, c'est amusant, toi aussi, c'est le deuxième quatrain que tu sembles avoir aussi aimé. C'est vrai, c'est le plus "doux" comme tu dis. Belle semaine à toi et amitiés, Lise. Philip
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