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Ainsi c'est mon destin, soucieux de tout connaître
Je rends grâce au soleil, aux forêts, aux ruisseaux
Sous l'asile des bois, je sens mon cœur renaître
La beauté de Marie ajoute à mes tableaux
Ce besoin essentiel du plaisir délectable
D'exprimer mon bonheur en puisant dans les mots
Quand devant le pupitre un charme inexprimable
Comme un frisson divin embrase les joyaux
Ni la gloire, ni l'or n'embellit ma nature
J'examine à loisir les blés mûrs, le vallon
Assis sur un rocher, j'aime aussi la lecture
Dans un lieu de mon choix, j'écoute le pinson
Mon attrait pour les vers demeure inaltérable
Le bien de ma fortune est pareil à celui
Accordé au berger, ce phare est périssable
Pour les yeux certains soirs, mais jamais pour l'esprit
Aucun ennui profond, aucune loi humaine
N'éteindra mon flambeau, ni mes lys couronnés
Où mes mains ont planté, renaît une fontaine
Riche de mots, de fleurs et de vers festonnés
Quand j'exalte l'amour je redeviens moi-même
Et mes nouveaux épis n'œuvrent que pour la paix
Pourtant j'ai grande peine à dire combien j'aime
Quand je pense à tous ceux qui ne sauront jamais
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